Jean Dion - Le Devoir

La diffusion du Foot US à la télé ou sur le net, les plus belles photos de la saison, vos coups de patte sur photoshop... (accès réservé aux membres)

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Re: Jean Dion - Le Devoir

Messagepar ViKinG_42 » jeu. mai 19, 2016 16:59

(...) la cabane du fond dont la porte ne ferme pas bien et qui n’est pas gardée la nuit, Uderzo, Gosciny, 1968, visionnaires, baseball, des vrais...

C’est du sport!
La langue bleue
17 mai 2016 |Jean Dion | Actualités sportives

Cela ne s’oublie guère. Claudius Cornedurus. Obélix, dit le grassouillet réjoui, qui s’interroge légitimement : « Je suis romain, moi ? » Les champignons qui gardent toute leur saveur quand ils sont sautés. La Cropole. Le colosse de Rhodes et son frérot. Sparte. Les Spartiates qui ne mangent que le noyau des olives et le gras de la viande. Et bien sûr, la potion magique remisée dans la cabane du fond dont la porte ne ferme pas bien et qui n’est pas gardée la nuit.

Et tous les athlètes romains ayant participé à la course de 24 stades se ramassent la langue bleue. Non, César ne sera vraiment pas content.

Goscinny et Uderzo ont écrit et dessiné Astérix aux Jeux olympiques en 1968. Peut-on avancer qu’ils étaient des visionnaires, oui ou oui ? C’était quand même huit ans avant que nous ne découvrions avec un ahurissement légitime la grâce des nageuses est-allemandes dans la piscine de Montréal.

Et là, qu’apprenons-nous avec un autre ahurissement légitime alors même que nous venions tout juste de nous débarrasser du premier ? Que selon l’ancien directeur du laboratoire chargé des tests antidopage aux Jeux de Sotchi, un monsieur Grigory Rodchenkov qui semble posséder des informations suffisamment compromettantes pour croire bon de trouver refuge aux États parce qu’il craignait pour sa propre sécurité, ce n’était pas la cabane du fond dont la porte ne ferme pas bien et qui n’est pas gardée la nuit, mais pas loin.

L’opération, a dit Rodchenkov, était menée avec la précision d’une horloge suisse. Les services secrets russes y participaient, et des dizaines d’athlètes, dont plusieurs champions et autres médaillés olympiques, étaient touchés. Le procédé ? On remplaçait les échantillons des dopés par d’autres des mêmes athlètes pris plusieurs mois auparavant et propres. Les changements s’effectuaient pendant la nuit alors qu’on passait les flacons par un trou aménagé dans un mur du labo que camouflait un meuble pendant la journée. Le New York Times, qui a publié le témoignage de Radchenkov, a même diffusé une photo de la chose et, pour tout dire, c’est assez émouvant.

Parfaitement, madame, monsieur, un passage secret utilisé à la faveur des ténèbres pour transbahuter des fioles de pipi. Si on ne se retenait pas et si on disposait des subventions idoines, on aurait envie de faire un film là-dessus. Titre provisoire suggéré : Un trou la nuit.

Bien entendu, les autorités en place ont véhémentement nié, et on a crié à la calomnie de la part d’un renégat qui a fui le pays. Mais on ne sait pas trop pourquoi Rodchenkov aurait inventé pareil scénario rocambolesque, et le ministre des Sports de Russie, Vitaly Mutko, a d’ailleurs déclaré dimanche qu’il y a eu du dopage généralisé au moins en athlétisme dans son pays et qu’il en a un peu honte.

Bref, César n’est pas content. Un passionnant dossier à suivre.

Dans la catégorie « dans le temps, on avait affaire à des vrais de vrais », le lanceur partant des Nationals de Washington Max Scherzer a réussi 20 retraits au bâton en 9 manches de boulot mercredi dernier contre les Tigers de Detroit, égalant ainsi un record du baseball majeur.

Un record, certes, mais attention : pour une joute de 9 manches. En fait, la marque absolue est de 21 retraits sur trois prises dans un match, établie le 12 septembre 1962 par Tom Cheney, des Senators de Washington (aucun lien de parenté avec les Nationals, qui sont plutôt maintenant les Rangers du Texas, vous savez, l’équipe de Rougned Odor, qui a servi une sacrée mornifle à Jose Bautista dimanche, et si vous n’avez pas vu ça, courez vite au site du baseball majeur dans les Internets, c’est assez impressionnant). Vous ne connaissez pas Tom Cheney ? C’est peut-être parce qu’il n’a récolté que 19 victoires en carrière, mais toujours est-il que, ce jour-là, il avait le chic pour passer l’adversaire dans la mitte.

Cheney a donc réalisé son exploit en 16 manches dans une victoire de 2-1 des Senators sur les Orioles de Baltimore. Tout à fait : il a lancé les 16 manches. Essayez d’imaginer cela aujourd’hui, le gérant recevrait son 4 % dès la 10e.

Ce qui nous amène tout naturellement à évoquer le plus long match de l’histoire des majeures, nous en avons tous un vague souvenir attendri, le 1er mai 1920. Les Robins de Brooklyn affrontaient les Braves de Boston, et c’était 1-1 après 26 manches quand il a fallu interrompre la rencontre en raison de la noirceur.

Or, dans ce match, les lanceurs partants Leon Cadore et Joe Oeschger étaient toujours à l’oeuvre lorsqu’on a arrêté les procédures.

Des vrais, qu’on vous dit.


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Re: Jean Dion - Le Devoir

Messagepar ViKinG_42 » jeu. mai 26, 2016 4:21

Bartolo Colon, Expos, circuit, 42 ans, piano à queue, ride, Unknown Collins...

C’est du sport!
L’histoire s’écrit
10 mai 2016 |Jean Dion | Actualités sportives

Bartolo Colon a de quoi provoquer chez l’amateur de balle de nos contrées une dense nostalgie doublée d’une langueur attendrie puisqu’il est le dernier joueur actif dans le baseball majeur à avoir porté les couleurs de nos Expos. C’était en 2002, 17 départs, rendement de 10-4, 20 victoires cette saison-là car il avait aussi gagné 10 matchs avec les Indians de Cleveland. Colon lance maintenant pour les Mets de New York et samedi à San Diego, il a fait rien de moins qu’inscrire son nom dans le grand livre des records du sport professionnel.

Colon, qu’on ne peut pas vraiment qualifier de terreur au bâton avec sa moyenne à vie de ,092 — il faut le comprendre, il a passé presque toute sa carrière dans la Ligue américaine, où on emploie un frappeur de choix —, a alors frappé un coup de circuit. Le tout premier de sa carrière. Celui qui lui a permis de devenir le joueur le plus âgé de l’histoire des ligues majeures à réussir une première longue balle : il a 42 ans et en aura 43 le 24 mai. La précédente marque était de 40 ans, détenue par Randy Johnson, un autre ancien de nos Expos et on va finir par pleurer avec toutes ces histoires.

Dans un Petco Park pourtant réputé hostile aux frappeurs de tous les pays, ce fut une retentissante frappe dans les gradins de gauche qui n’a jamais soulevé le moindre doute quant à son statut de circuit de deux points. Colon lui-même l’a dit : à l’instant où le bâton a touché la balle, il savait que celle-là était partie. Et si vous permettez, je peux corroborer cette impression : étant l’auteur d’un grand total d’un (1) circuit en carrière dans diverses ligues de balle-molle dans mon jeune temps — un talent épouvantablement limité, mais un stratège comme vous n’en verrez pas à tous les coins de rue —, je conserve un souvenir vivace de l’occasion. Un élan comme les autres sur un tir comme les autres, mais un net sentiment de légèreté alors qu’on s’attendrait plutôt à de la puissance. La balle a trouvé le sweet spot du bâton et est partie en orbite loin par-dessus la tête du voltigeur de gauche. Cela ne s’est plus jamais produit.

Dans mon cas, le travail n’était cependant pas terminé puisque le terrain où nous évoluions disposait d’une clôture si éloignée du marbre qu’il était gravitationnellement impossible d’expédier une balle molle par-dessus. Il fallait donc contourner les sentiers à toute allure, une expression qui n’illustrait pas tellement ma faculté à me déplacer dans l’espace alors que mes coéquipiers pas fins évoquaient un piano sur le dos, à queue s’il vous plaît, et que j’étais en train de mener tambour battant au ralenti une carrière qui se conclurait avec une récolte de zéro (0) but volé. Mais la balle était allée tellement à l’autre bout du monde que je n’eus même pas à glisser au marbre. À mon arrivée, les gars ont dit que ça faisait une sacrée paie que j’étais parti, qu’ils étaient heureux de me revoir, que j’aurais dû donner des nouvelles de temps en temps et qu’ils trouvaient que je n’avais pas vieilli tant que ça pendant mon expédition autour des buts : quelques cheveux gris en plus, une ride ici et là, mais j’avais surtout grandi en expérience et en sagesse.

Colon, lui, a eu le luxe de prendre son temps puisque la balle était déjà sortie du terrain. Il faut dire qu’à 5 pieds 11 pouces et 285 livres selon Baseball Almanac, il n’est pas considéré par les observateurs comme un marchand de vitesse. Malheureusement, on ne conserve pas de statistiques à ce sujet, mais on peut légitimement croire qu’il a établi une autre marque des ligues majeures en mettant 31 secondes à contourner les sentiers. C’est ce qu’on appelle goûter le moment.

La prochaine fois, nous verrons que, pas très loin du nom de Bartolo Colon dans la liste alphabétique des joueurs de tous les temps, on retrouve Unknown Collins. Qui était Unknown Collins ? Ben justement, on ne le sait pas trop. Il a disputé un (1) match en carrière dans les majeures, le 12 septembre 1892 avec les Browns de St. Louis, terminant 0 en 2 avec deux (2) retraits sur trois (3) prises. On ne sait pas qui il était, d’où il venait, où il allait, s’il était droitier ou gaucher. On sait toutefois qu’il a occupé un poste de voltigeur, tout en ignorant lequel précisément.

Vous voyez combien cruelle peut être cette chienne de vie : vous travaillez fort à devenir un athlète accompli, vous parvenez à vous rendre au baseball majeur sans jamais prendre de déhydrochlorméthyltestostérone comme Chris Colabello l’a fait ni d’autres cochonneries, on vous fait jouer un petit match et on oublie votre prénom. Du propre.
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Re: Jean Dion - Le Devoir

Messagepar ViKinG_42 » lun. mai 30, 2016 18:35

Bill Lee, Spaceman, marijuana, crêpe au sarrasin biologique, élection, Vermont, baseball.

C’est du sport!
Voilà notre homme
26 mai 2016 |Jean Dion | Actualités sportives

Dans la liste des affaires que nous souhaitons ardemment voir se réaliser avant que de passer de vie à trépas mais dont nous ne saurions retenir notre respiration en attendant, on retrouve, notamment mais non exclusivement et pas nécessairement dans l’ordre, l’embauche de juges vidéo qui ne prennent pas 18 fichues minutes à constater qu’un coureur est sauf ou non, la reconnaissance (pas trop tôt) par la science que le but d’Alain Côté était bon et la divulgation du fait qu’il existe vraiment quelqu’un qui a acheté une bébelle pour faire de l’exercice annoncée à la télévision et qui l’utilise vraiment et s’est confectionné un haut et un bas du corps d’enfer tout en continuant de manger gras.

Cela, et l’accession de Bill Lee au poste de gouverneur du Vermont. Pour du sain divertissement sans briser notre linge et avec l’assurance qu’aucun représentant n’ira chez nous, nous serions diablement servis. À bien y penser, ce pourrait être une excellente source de bonheur, et chacun sait que le bonheur, ça ne court pas les rues puisque, contrairement au malheur, il vient toujours seul.

Cette semaine, le « Spaceman », qui nous dérida collectivement jadis à l’occasion d’un passage dans l’uniforme de nos Expos où il nous familiarisa avec la barbe longue, la queue de chemise sortie du pantalon et la balle eephus — le tir à trajectoire arc-en-ciel qui n’en finit plus de ne pas arriver au marbre —, a en effet annoncé sa candidature. Il concourra pour le Liberty Union Party, une formation de gauche sous les couleurs de laquelle nul autre que Bernie Sanders fit ses premiers pas en politique en 1971. L’élection aura lieu en novembre.

La première chose qu’on discerne en débarquant sur le site du parti au coeur des Internets est qu’il se révèle relativement préoccupé par les questions entourant la marijuana. Lee, qui a par le passé déclaré qu’il en saupoudrait son petit-déjeuner afin de mieux combattre les gaz d’échappement des véhicules à moteur de Boston alors qu’il jouait pour les Red Sox et se rendait au Fenway Park au pas de gymnastique, a d’ailleurs affirmé à l’annonce de sa candidature que la légalisation de l’herbe magique qui provoque la fringale fait partie intégrante de son programme.

Il se définit comme un homme « pragmatique », ce dont il est résolument légitime de douter, « conservateur », ce dont il est résolument légitime de douter, et « qui regarde en avant », ce dont il est résolument légitime de douter.

Il entend faire payer les riches, un slogan dont vous êtes trop jeunes pour vous souvenir ou assez vieux pour savoir que ça ne fonctionne jamais. Votez pour lui « si vous voulez voir de l’argent tomber des 2 %, nous aurons besoin de parapluies parce qu’il va pleuvoir des dollars ».

Il n’aime pas particulièrement les États-Unis qu’il voit. « Le problème des Américains est qu’ils ont les poings fermés. Les républicains sont des ptérodactyles, ils ont de petits bras courts qui ne se rendent pas jusqu’à leurs poches d’en avant. »

Lee serait même prêt à les quitter, les États, si la situation le commande. « Si ça ne va pas comme nous le souhaitons, si [Donald] Trump devient président, je fiche le camp et j’emporte le Vermont avec moi. »

Et tout de suite après la légalisation de la marijuana, il a évoqué l’absolue nécessité d’un retour à Montréal de nos Expos. Remarquez, on ne voit pas très bien le rôle précis joué par le gouverneur du Vermont dans l’acquisition d’une franchise du baseball majeur par une ville située dans un autre pays, sauf si on considère que Lee veut abolir la frontière de l’État avec le Québec. Et peut-être que le Vermont sous Bill Lee nous allongerait le fric pour bâtir un nouveau stade.

En tout cas, il ne fait rigoureusement aucun doute qu’avec Bill Lee à la tête du Vermont, nous serions les meilleurs voisins du monde. Et nous pourrions menacer de fuir l’austérité en nous réfugiant à Burlington.


Pus de détails au sujet de Bill Lee:

Il est libéré par l'équipe après le 9 mai 1982, après avoir critiqué la direction du club de s'être départi de son ami et joueur de deuxième but Rodney Scott. Frustré par cette décision, Lee décide en plein milieu d'un match de sortir à la Brasserie 77, une taverne de la rue Hochelaga situé à un jet de pierres du Stade Olympique de Montréal. Accompagné de Terry Mosher, alias Aislin, le caricaturiste du journal The Gazette, Lee, toujours vêtu de son uniforme des Exps, joue au billard et surveille le match sur un écran de télévision. Il boit quatre bières et retourne au stade en huitième manche au cas où l'on aurait besoin de lui5,6. Il ne réintègrera jamais les Expos et son dernier match dans le baseball majeur est joué le 7 mai 1982. Lee avait une mauvaise relation avec Jim Fanning, le gérant des Expos en 1981 et 1982 qui l'a déjà invité à se battre dans le vestiaire.


source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Bill_Lee_%28baseball,_1946%29#Expos_de_Montr.C3.A9al

P.S La Brasserie 77 existe toujours, elle est maintenant le point de rencontre des Ultra de Montréal précédent les matchs de l'Impact.
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Re: Jean Dion - Le Devoir

Messagepar ViKinG_42 » mer. juin 01, 2016 16:49

Triangle, Pythagore, gauche, droite, Cleveland...

C’est du sport!
Un cas de figure
31 mai 2016 |Jean Dion | Hockey

Lorsqu’on examine avec une minutie un peu maniaque les forces en présence dans l’actuelle finale pour l’obtention de la précieuse Stanley — vous l’aurez peut-être noté, chaque fois qu’un expert veut parler de la Stanley sans la nommer, il évoque « le précieux trophée », et il ne fait pas allusion à la valeur du bibelot sur le marché de la revente, mais au fait qu’il symbolise le championnat le plus difficile à remporter de tout l’univers connu, 16 éreintantes victoires à aller chercher, la pression, de la douleur partout et toutes ces choses —, on en vient à faire un constat troublant.

Les deux formations en lice sont les seules de la Ligue nationale de hockey dont le logo comporte un triangle.

Voilà le genre de truc que l’on remarque quand on ne sait pas quoi faire de ses dix (10) doigts après avoir passé l’essentiel d’un week-end ensoleillé à apprendre par coeur les décimales de Pi dans le désordre en sirotant une infusion.

Et si on peut trouver vain de s’intéresser à des figures géométriques sportives alors que le monde est à feu et à sang, songeons un fol instant à ce bon vieux Pythagore. S’il n’avait joué du triangle avec intensité, Pythagore, qui ne donnait d’ailleurs pas sa place en matière de barbe des séries, nous serions sans doute encore là à nous quereller autour de la longueur de l’hypoténuse. Et nous vivrions dans l’ignorance, ne sachant pas qu’au fond, un triangle rectangle, c’est une affaire de carrés.

Et comme si ce n’était pas suffisant, voici que les deux triangles qui ont remporté la victoire dans le carré d’as vont s’affronter dans le cercle des mises au jeu. Ce qui montre qu’il peut être utile d’en connaître un rayon sur l’histoire de π alors que les deux clubs ont des ambitions diamétralement opposées dans cette ronde ultime.

Triangles donc, et aussi créatures relativement aquatiques, un statut auquel pourraient seuls prétendre, à part elles, les Ducks d’Anaheim. Et en fait d’ambitions diamétralement opposées, on notera en poussant l’analyse à son paroxysme intellectuel qu’alors que le Penguin de Pittsburgh file vers la gauche, le Shark de San Jose nage vers la droite (en mordant et en brisant son outil de travail, le sot). Ce n’est certainement pas un hasard si ces deux-là se retrouvent pour l’explication finale, et si on croit que dans un contexte de nature impitoyable et de survie du plus fort, l’un des animaux possède une supériorité nette sur l’autre, on objectera en musique qu’il existe bel et bien un bébé requin et un vilain pingouin et que ce dernier, qui n’est pas un manchot, dispose toujours de l’avantage de la glace même s’il ne joue plus à l’Igloo.

Je ne vous cacherai pas que, personnellement, je conserverai toujours un souvenir attendri des premiers pas, façon de parler, des Sharks, le premier club à occuper le marché des Seals de la Californie, dont je ne m’étais pas encore remis du départ pour Cleveland en 1976 et dont les noms de joueurs avaient bercé mon enfance, Bob Champoux, Gary Croteau, Pete Laframboise, Howie Menard, Gary Sabourin. C’était en 1991 et San Jose s’était vu remettre, à titre d’équipe d’expansion, le 2e choix universel au repêchage de la LNH.

(À ce sujet, si vous me permettez une virulente sortie, pourrait-on cesser de parler d’« encan » lorsqu’il est question du repêchage ? Il n’y a là aucune mise aux enchères et les joueurs ne sont pas remis au plus offrant. Ça va faire, le niaisage.)

Donc, les Sharks possèdent le 2e choix, et juste avant parlent les Nordiques de Québec, qui viennent de connaître une autre saison royalement pourrie. Comment l’oublier, les Nordiques réclament Eric Lindros, qui avait dit qu’il ne jouerait jamais à Québec, cette bourgade perdue au fin fond de nulle part, n’offrant aucune possibilité de commandite et parlant une langue que personne de sensé ne comprend, et il refuse d’enfiler le maillot de l’équipe, qu’il garde au bras comme la serviette d’un serveur. Il l’a d’ailleurs probablement utilisé pour nettoyer le comptoir ou essuyer la vaisselle.

Les Sharks optent ensuite pour Pat Falloon, dont vous êtes pardonnés de ne pas conserver un souvenir attendri. Falloon n’a pas connu une carrière carrément mauvaise, mais les attentes à son endroit étaient sans doute plus élevées. Et la sélection devait se révéler d’autant plus douloureuse qu’au 3e rang cette année-là, le nom de Scott Niedermayer fut prononcé, et au 6e, celui de Peter Forsberg. Si vous allez faire un tour à Toronto, vous pourrez admirer une plaque de chacun de ces deux messieurs au Temple de la renommée du hockey.

Depuis, les Sharks n’ont rien fait qui vaille en séries. Jusqu’à ce que cette fois, ils montrent les dents. Et nous allons examiner si le fait qu’une dent de requin soit vaguement triangulaire signifie quelque chose ou rien.


http://www.ledevoir.com/sports/hockey/472181/c-est-du-sport-un-cas-de-figure
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Re: Jean Dion - Le Devoir

Messagepar ViKinG_42 » mar. juin 07, 2016 4:35

Ali, qui d'autre?

Muhammad Ali (1942-2016)
Un géant, debout
6 juin 2016 |Jean Dion

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Muhammad Ali lors d'un combat en mai 1965
Photo: John Rooney Associated Press Muhammad Ali lors d'un combat en mai 1965

« Il est difficile d’être modeste, a un jour dit Muhammad Ali, quand vous êtes un aussi grand homme que moi. » De toute manière, a-t-il déclaré à une autre occasion, « les gens humbles ne vont jamais très loin ». De telle sorte que, lorsqu’il publiera son autobiographie, celle-ci s’intitulera The Greatest, tout simplement. Ç’a au moins le mérite d’être clair.

Car lui avait bien l’intention d’accomplir de grandes choses. Il n’avait peur de rien, ou du moins aimait-il à le laisser croire, il possédait une grande gueule et s’en servait abondamment, il parlait en rimes tout en affichant un perpétuel air de défi (quoique souvent facétieux), comme s’il avait à en remontrer au monde entier. C’est d’ailleurs le monde entier que le boxeur évoquera quand il deviendra une première fois champion du monde, répétant qu’il venait de le bouleverser.

Ali avait raison : c’est d’un bout de la planète à l’autre que fusent les hommages en ces heures suivant son décès à 74 ans dans la nuit de vendredi à samedi. Tous saluent un personnage immense, à nul autre semblable, paradoxale figure de proue du XXe siècle qui a su acquérir un statut de légende en donnant des coups de poing et en refusant… d’aller se battre.

Né en 1942 à Louisville, au Kentucky, Cassius Clay est venu à la boxe pratiquement par hasard. À 12 ans, il se fait voler sa bicyclette. Il s’en plaint à un policier, auquel il fait par ailleurs part de son projet de casser la figure de l’auteur du larcin. L’agent lui répond que, pour ce faire, il lui faut d’abord apprendre à se battre. Et ça tombe bien : il possède un gymnase où il entraîne d’aspirants pugilistes. Son prochain poulain est trouvé.

Le jeune excelle dans le noble art au point qu’il se qualifie pour les Jeux olympiques de Rome en 1960. Il y remporte une médaille d’or.

Champion du monde

Passé chez les pros, Clay est encore relativement inconnu lorsqu’il obtient une chance d’affronter le champion du monde des poids lourds, Sonny Liston, en février 1964 à Miami. Liston traîne une sacrée réputation, lui qui a appris à boxer en prison alors qu’il purgeait une peine pour vol à main armée. Invaincu en 35 sorties, il est favori à 7 contre 1.

Qui sait ce qu’il serait advenu de l’Histoire si Clay avait fait ce qu’il voulait ce soir-là. De retour dans son coin après le 4e round, il mentionne à son entraîneur, Angelo Dundee, qu’il éprouve de la difficulté à voir, que ses yeux brûlent et qu’il veut mettre immédiatement fin au combat. Dundee refuse et le renvoie dans l’action. Une sombre histoire de vaseline ou autre substance appliquée sur les gants de Liston, jamais prouvée, circulera.

Finalement, Liston ne revient pas pour le 7e assaut. Au micro de la télévision, le nouveau champion hurle « I shook up the world ! [J’ai secoué le monde entier !] » quatre fois plutôt qu’une. « I must be the greatest ! [Je dois être le plus grand !] » Des soupçons de combat truqué surgiront, eux non plus jamais étayés.

Deux jours plus tard, Clay annonce qu’il devient musulman et rejoint la Nation of Islam, où il côtoiera notamment Malcolm X. La semaine suivante, il fait savoir qu’il change de nom.

Le premier combat de Muhammad Ali a lieu en mai 1965 à Lewiston, dans le Maine : une revanche accordée à Liston, qu’il terrasse dès le round initial. La stature de l’homme est confirmée. Mais huit autres défenses de titre plus tard, il fera face à un adversaire beaucoup plus difficile à vaincre avec ses seuls bras : le gouvernement des États-Unis.

Conscrit en 1966, Ali refuse, invoquant des motifs religieux, de s’enrôler dans l’armée et plus tard d’aller guerroyer au Vietnam. Ses propos sont demeurés célèbres : « Je n’ai rien contre les Vietcongs. Jamais un Vietcong ne m’a traité de nègre, jamais ils ne m’ont lynché, jamais ils n’ont lâché les chiens sur moi, jamais ils ne m’ont enlevé ma nationalité, jamais ils n’ont violé ma mère ni tué mon père. Comment pourrais-je aller tirer sur eux ? Vous n’avez qu’à m’envoyer en prison. » De toute manière, les Noirs aux États-Unis « vivent en prison depuis 400 ans ».

Passible de cinq ans de pénitencier pour objection de conscience, Ali se battra jusqu’en Cour suprême, qui finira par l’exonérer en 1971. Mais interdit de boxer, il perdra les potentielles meilleures années de sa carrière, alors qu’il est dans la fleur de l’âge.

Maladie

Déjà champion sportif, maintenant puissant symbole politique dans le bouillonnement de la lutte pour les droits civiques et alors que la guerre du Vietnam gagne en impopularité, Ali parachèvera son statut de mythe ambulant en livrant des combats d’anthologie, trois contre Joe Frazier dont le brutal Thrilla in Manila de 1975, et le Rumble in the Jungle contre George Foreman au Zaïre en 1974, qui lui a permis de reprendre le titre. Il concourra trop longtemps, jusqu’en 1981, mais le socle de l’admiration que le monde en est venu à lui vouer ne sera plus jamais ébranlé. Et il dira alors qu’il envisage la retraite, toujours impayable : « Je ne m’ennuierai pas de la boxe, mais la boxe s’ennuiera de moi. »

Miné par la maladie de Parkinson à partir de 1984 et dont il disait qu’il s’agissait du combat le plus difficile de sa vie — il estimait avoir reçu quelque 29 000 coups à la tête pendant sa carrière —, Ali est devenu ambassadeur de bonne entente dans son pays et à travers le monde lorsqu’il est enfin descendu du ring pour de bon. Et jusqu’à la fin, on s’est pressé pour le voir, lui parler, se faire tirer le portrait en sa compagnie même s’il n’était plus que l’ombre de lui-même.

Tout comme fut vive l’émotion quand on l’aperçut sur l’estrade, dernier relayeur de la flamme olympique chargé d’allumer la vasque aux Jeux d’Atlanta en 1996. La force de la nature était terriblement diminuée. Muhammad Ali tremblait de tout son corps, mais il était bien là, à la face du monde, comme il n’a jamais cessé de l’être : un géant, debout.
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Re: Jean Dion - Le Devoir

Messagepar Metal Lover » mar. juin 07, 2016 16:14

ViKinG_42 a écrit :Triangle, Pythagore, gauche, droite, Cleveland...


... à apprendre par coeur les décimales de Pi dans le désordre ...


http://www.ledevoir.com/sports/hockey/472181/c-est-du-sport-un-cas-de-figure


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Re: Jean Dion - Le Devoir

Messagepar ViKinG_42 » dim. juin 12, 2016 1:49

Hommage à Gordie Howe:

Gordie Howe 1928-2016
La planète hockey en deuil
11 juin 2016 |Jean Dion | Hockey

Dans le temps, les années 1950 et 1960, l’âge d’or du hockey de la Ligue nationale à six équipes, le numéro 9 était une affaire de poids lourds. À Montréal, bien sûr, on retrouvait Maurice Richard. À Boston, Johnny Bucyk. À New York, Andy Bathgate. À Chicago, Bobby Hull. Tous entreraient un jour au Temple de la renommée, et pas en achetant un billet.

Et à Detroit, le 9 avait pour nom Gordie Howe. Lui, décédé vendredi à l’âge vénérable de 88 ans, mériterait peut-être qu’on nomme le Temple en son honneur tellement il a marqué le sport par son talent, sa fougue, sa hargne à l’ouvrage et son ahurissante longévité.

Les partisans du Canadien n’étaient sans doute pas d’accord, parce qu’ils se rangeaient unanimement derrière le Rocket, mais on le surnommait « Mr. Hockey », un titre qui lui était à ce point cher que son épouse, Colleen, qui était aussi son agente à une époque où il y avait bien peu d’agents et encore moins de femmes pour exercer le métier, l’avait fait enregistrer comme marque de commerce — elle-même était d’ailleurs « Mrs. Hockey®».

Il excellait dans toutes les phases du jeu, de telle sorte qu’on en est venu à parler d’un « tour du chapeau à la Gordie Howe » lorsque dans un même match, un joueur récolte un but et une mention d’aide et écope d’une punition majeure pour s’être battu. Il n’était pas reconnu pour jeter les gants, mais il n’hésitait pas à le faire lorsque cela se révélait nécessaire, comme ce 1er novembre 1959, quand le dur à cuire des Rangers de New York Lou Fontinato le convoqua en combat singulier. Howe lui servit une si sévère correction que les deux hommes se retrouvèrent en photos dans le prestigieux magazine Life, l’un torse nu et roulant les mécaniques, l’autre le visage tuméfié et couvert de bandages.

« Don’t mess around with Gordie », s’intitulait l’article, et pour cause. Howe devait ne plus trop avoir à se livrer au pugilat par la suite, parce qu’à peu près personne n’osait désormais l’affronter.


Tous les aspects du jeu : il pouvait battre l’adversaire à la fois en jouant du coude — il appelait cela « obtenir du respect pour créer de l’espace » — qu’en marquant un but tout en finesse.

Un quart de siècle

L’histoire de Gordon Howe, né en 1928 dans la petite agglomération de Floral, en Saskatchewan, aurait pu être bien différente. Alors qu’il n’est âgé que de 15 ans, il est d’abord invité à un camp d’entraînement à Winnipeg par les Rangers de New York, mais il a tôt fait de constater qu’il s’ennuie de chez lui et il décide de rentrer à la maison à Saskatoon. Ce sont plutôt les Red Wings de Detroit qui le convaincront de signer un premier contrat professionnel, et c’est sous leurs couleurs qu’à compter de 1946, il s’imposera comme l’un des plus grands à avoir jamais chaussé les patins — et manié le bâton : il était naturellement ambidextre.

À Detroit, Howe passera 25 saisons. Quatre Coupes Stanley. Six trophées Art Ross de meilleur pointeur de la LNH et six trophées Hart de joueur par excellence du circuit — deux records à ce moment, que seul surpassera un certain Wayne Gretzky, né en 1961 et qui a grandi en idolâtrant Howe, qu’il a rencontré quand il avait 10 ans, et qui, à son arrivée chez les juniors avec les Greyhounds de Sault-Sainte-Marie, constatera que le numéro 9 est déjà pris et adoptera le 99.

Ailier droit, Howe fera partie d’un trio passé à la postérité, la « Production Line », aux côtés de Ted Lindsay, un autre que pas grand-chose n’effraie, et Sid Abel. Il y aura par la suite la « Production Line II », avec Lindsay et Alex Delvecchio, puis la III avec Delvecchio et Frank Mahovlich. Gordie Howe est le socle inamovible des Wings pendant un quart de siècle.

Le grand retour

En 1971, à 43 ans, l’heure de la retraite a sonné. Mais deux ans plus tard, la tentation est trop forte : Howe a la possibilité de réaliser un rêve en jouant avec deux de ses fils, Marty et Mark, qui n’ont pas encore 20 ans, et il saute sur l’occasion. Les trois se joignent donc aux Aeros de Houston, de l’Association mondiale de hockey, un circuit rival de la LNH fondé en 1972. Ils passeront quatre campagnes ensemble avec les Aeros — Colleen a négocié des contrats de 1 million $US pour le père et de 400 000 $ chacun pour les fistons —, puis deux dans l’uniforme des Whalers de la Nouvelle-Angleterre. Et bien qu’il file vers la cinquantaine et même la franchisse, il parvient quatre fois à accumuler au moins 96 points en une saison. Gordie dira des années passées à Houston qu’elles furent les plus heureuses de sa carrière.


En 1979 survient la « fusion » de la LNH et de l’AMH, et Gordie Howe décide d’y aller d’un dernier tour de piste dans le circuit qu’il a tant marqué. Cette saison-là, 1979-1980, il dispute les 80 matchs de saison régulière des Whalers de Hartford et marque 15 buts, dont l’avant-dernier est son 800e en carrière dans la LNH. Encore là, ses 801 filets ne sont dépassés que par Gretzky, auteur de 894. Ses 1850 points ? Seuls Gretzky, avec 2857, Mark Messier, avec 1887, et Jaromir Jagr, avec 1868, le devancent.

Quand il annonce de nouveau sa retraite, définitive cette fois, Howe vient d’avoir 52 ans, il est déjà grand-père et il est membre du Temple de la renommée du hockey depuis huit ans. Le président de la LNH à l’époque, John Ziegler, tiendra ce propos : « Gordie Howe ne devrait pas tant être dans un uniforme des Whalers de la Nouvelle-Angleterre que dans les pages du New England Journal of Medicine. »

Ceux qui l’ont connu ont dit de Gordie Howe qu’autant il pouvait être acharné sur une patinoire, autant il était affable et courtois dans la vie de tous les jours, ce qui faisait de lui un ambassadeur de choix pour le sport, ce qu’il est en quelque sorte devenu dans son après-carrière. Une vie mise à mal par des ennuis de santé ces dernières années, mais une longue vie à « faire le travail », comme il avait coutume de dire avant de sauter sur la glace. On ne devient pas Monsieur Hockey en se contentant de demi-mesures.
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Re: Jean Dion - Le Devoir

Messagepar ViKinG_42 » dim. juin 12, 2016 2:05

Euro 2016:

Soccer
L’Euro 2016, entre passion et tension
10 juin 2016 |Jean Dion | Soccer

Appellerait-on cela une assez puissante ironie du sort ? Toujours est-il que Michel Platini brillera par son absence au rendez-vous qui aurait certainement été l’un des plus chers de toute sa carrière, celui de l’inauguration du Championnat d’Europe des nations de soccer 2016, vendredi soir, au Stade de France, où le pays hôte affrontera la Roumanie.

L’homme fait partie, après tout, de la petite poignée d’athlètes qui pourraient prétendre au titre de plus grand joueur de l’histoire du foot français : il est le meilleur buteur de l’histoire du tournoi, lui qui s’est offert neuf filets en cinq petits matchs pour mener les Bleus au sacre la dernière fois que l’Euro a été présenté dans l’Hexagone, en 1984, et il était, jusqu’à tout récemment, le grand patron du ballon rond sur l’ensemble du Vieux Continent.

Platini ne sera pas là parce qu’il est suspendu depuis octobre dernier. Quatre ans. Une sombre histoire de somme rondelette obtenue pas tout à fait dans les normes de la part de Sepp Blatter, le président de la Fédération internationale de football association, lui aussi poussé sans ménagement à l’écart après de longues années d’un règne tumultueux, souvent ponctué d’allégations de malversations au plus haut de l’instance. Il n’ira pas du tout à l’Euro, même comme simple spectateur, car il a été banni de « toute activité liée au football », et, selon son entourage, il ne saurait pas exactement ce que cela désigne.

Le cas de Platini n’est pas unique. On dirait d’ailleurs que, ces derniers temps, le monde du soccer a montré une certaine tendance à faire parler de lui davantage pour ce qui se passe à l’extérieur des pelouses que sur celles-ci. De la corruption au hooliganisme en passant par le racisme dans les tribunes, les préoccupations étrangères au sport proprement dit défraient souvent la chronique.

Sécurité, sécurité

Et voici que l’Euro 2016 survient alors que la France est plongée dans une certaine agitation sociale, qu’on craint des entraves aux déplacements de millions de visiteurs et surtout que plane la sempiternelle menace d’attentats terroristes, qui fait de l’organisation de la sécurité un monumental casse-tête, voire un cauchemar. À commencer par François Hollande et Manuel Valls, tout le monde l’a dit, un tournoi aussi prestigieux et aussi suivi à travers le monde représente une cible idéale pour qui veut faire parler de lui, serait-ce pour la pire raison imaginable. On ne saurait l’oublier : les attaques du 13 novembre à Paris ont fait l’essentiel de leurs terribles dommages dans la rue et dans une salle de spectacles, mais elles ont commencé en banlieue nord, à Saint-Denis, aux abords du Stade de France, pendant un match amical entre les Bleus et l’Allemagne.

Il y a donc les stades à sécuriser, mais aussi les zones de partisans, ces espaces publics aménagés dans les 10 villes qui accueilleront des matchs et qui seront dotés d’écrans géants. À lui seul, celui de Paris, situé au pied de la tour Eiffel et inauguré jeudi, peut accueillir simultanément 92 000 personnes.

Du sport, aussi

Côté sportif, on passe pour la première fois de 16 à 24 équipes dans un tournoi qui a passablement crû depuis sa naissance, en 1958. À l’époque, il s’agissait d’un parcours à élimination directe qui durait deux ans. Et, pour mesurer le passage du temps, mentionnons que, lors de la première finale à Paris, en 1960, le carré d’as comprenait, en plus de la France hôtesse, l’URSS, la Yougoslavie et la Tchécoslovaquie et que l’Espagne s’était retirée en cours de route parce que le caudillo Franco refusait que l’équipe nationale se rende en Union soviétique, qui avait appuyé ses adversaires républicains dans la guerre civile qui avait secoué son pays dans les années 1930.

Les foules passionnées verront que les grosses pointures habituelles sont de la partie : la France, favorite des preneurs aux livres, l’Allemagne gagnante de la dernière Coupe du monde, l’Espagne double championne en titre et qui a survolé les qualifications (9-1-0) après un Mondial 2014 décevant, l’Italie, l’Angleterre, le Portugal. Un absent notoire : les Pays-Bas, finalistes à la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud, qui ont inexplicablement trébuché en qualifications dans un groupe où tout le monde les voyait terminer au sommet. Les Oranje ont pris le 4e rang de la poule de qualif A, derrière la République tchèque, l’Islande et la Turquie.

Cinq petits nouveaux

L’Islande fait partie d’un groupe de cinq nations qui en seront à leur premier Euro, les autres étant l’Irlande du Nord, le pays de Galles, la Slovaquie et l’Albanie. Et, puisqu’il est question de l’Albanie, un truc particulier : deux frères, les milieux de terrain Taulant et Granit Xhaka, respectivement du FC Bâle et d’Arsenal, disputeront cet Euro dans des camps différents. Taulant jouera pour l’Albanie, alors que Granit portera l’uniforme de la Suisse. Tous deux sont nés en Suisse, mais l’aîné a choisi de représenter le pays d’origine de ses parents. Et le hasard a voulu que les deux sélections aboutissent dans le même groupe, le A, de sorte que le choc fraternel aura lieu samedi, à Lens.

Un choix sentimental pour l’amateur québécois orphelin ? Certainement les Diables rouges de la Belgique, qui ont connu de très bonnes qualifications et qui comptent dans leur formation le défenseur Laurent Ciman, de l’Impact de Montréal. D’abord ignoré par le sélectionneur Marc Wilmots, Ciman a ensuite été appelé comme réserviste, puis, à la faveur de forfaits de quelques arrières en vue et grâce à du beau jeu, est devenu le candidat principal à un poste au sein du onze partant belge (voir l’autre texte en page B8).

Les deux dernières fois que la France a accueilli un tournoi majeur, l’Euro 1984 et la Coupe du monde 1998, elle a conquis le titre. Un triplé est-il dans les augures ? Début de réponse à compter de vendredi. Et conclusion le 10 juillet.
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Re: Jean Dion - Le Devoir

Messagepar ViKinG_42 » mer. juin 15, 2016 17:33

Au fond du puits
Quelque chose d’allemand
13 juin 2016 |Jean Dion | Actualités sportives
Le pilote britannique Lewis Hamilton (à droite) a devancé son rival allemand Sebastian Vettel.

Il y a quelques semaines, Bernie Ecclestone soi-même en personne, l’homme le plus puissant de l’univers connu, a déclaré qu’il ne dépenserait pas un seul sou pour emmener sa petite famille assister à un Grand Prix de Formule 1 parce que le sport est devenu ennuyant. (Il a aussi dit qu’il n’aime pas tellement la démocratie parce que rien ne se fait en régime démocratique et que Vladimir Poutine devrait diriger l’Europe au complet, mais nous reviendrons là-dessus une autre fois, quand il n’y aura pas de course.)

Venant du promoteur en chef qui a fait des montagnes d’argent avec le moteur à explosion à la fine pointe du progrès technologique et des gars prêts à le pousser à son paroxysme, le propos a de quoi étonner, même si plusieurs diront qu’il est rigoureusement exact. On se souvient de la boutade voulant que le soccer soit un sport qui se joue à 11 contre 11 avec pas de mains et l’Allemagne qui gagne à la fin. C’est à peu près la même chose dans le merveilleux monde du vroum vroum qui, de manière tout à fait déplorable, fait moins de bruit qu’avant. Non mais, c’est vrai : que sert à l’humain de se pâmer pour la vitesse de déplacement de la matière si, ce faisant, il ne se déchire pas les tympans ?

La saison dernière, Mercedes, une équipe allemande jusqu’à preuve du contraire, a gagné toutes les épreuves sauf trois. On copie-colle ici pour dire que, l’année d’avant, Mercedes a gagné toutes les épreuves sauf trois. Et les quatre années précédentes, un Allemand, Sebastian Vettel, a remporté le championnat des pilotes au volant d’une Red Bull, qui s’adonne à être une écurie autrichienne et l’Autriche, on ne s’en cachera pas, c’est fichtrement proche de l’Allemagne.

Et avant le Grand Prix du Canada, Mercedes avait remporté toutes les courses cette année sauf une, celle d’Espagne, où a triomphé Max Verstappen, un Néerlandais (et les Pays-Bas sont comme l’Autriche, quoique de l’autre côté, et quoique l’Autriche soit un pays haut), qui chauffe une… Red Bull. Il faut dire que Verstappen n’aurait certainement pas fini premier si les deux Mercedes, de Lewis Hamilton et Nico Rosberg, ne s’étaient pas tamponnées dès le tour initial. Il faut que Mercedes se sorte elle-même de la course pour laisser une chance aux autres.

Devait-on donc s’attendre à ce que le même scénario monotone se poursuive ? En vérité, ça dépendait. On avait tendance à dire oui en considérant que Hamilton et Rosberg avaient dominé les qualifications et partaient de l’avant de la grille. Mais on était tenté de dire non parce qu’une course sur le circuit Gilles-Villeneuve, c’est ardu à pronostiquer. La plupart du temps, nous y avons droit à des épreuves, l’expression est consacrée et revient sans arrêt, « fertiles en rebondissements ».

Elle est comme ça, la piste de l’île Notre-Dame : on n’y assiste pas à des processions aux dépassements inexistants. Non, Madame, l’amateur d’action, et qui n’aime pas l’action ?, se fait toujours servir une ration supplémentaire de ce dont il raffole, et c’est excellent pour la santé parce qu’il se sent pleinement vivre.

Dimanche, c’est Vettel qui a donné le ton. Parti 3e, il a décelé une anfractuosité à la gauche de Hamilton et s’y est glissé avec une admirable fluidité pour se retrouver en tête avant même que la cohorte négocie une première fois le virage Senna. Bien joué, champion.

Mais on a à peine eu le temps d’écrire « fertile en rebondissements » que Hamilton était de retour au sommet, grâce aux bons soins du génie industriel allemand. Mais Vettel, qui lui profite maintenant du génie industriel italien, a repris les commandes quelques tours plus tard.

Puis, au 36e tour, tout juste passé la mi-course, ils ont montré Michael Douglas à la télé. Selon une autre expression consacrée qui revient sans arrêt, il était « un spectateur attentif ». Il faut dire que si vous n’êtes pas attentif dans ce sport, vous risquez de passer à côté de bien des choses essentielles de la vie.

Hamilton a ensuite profité de ce que Vettel s’était arrêté dans une aire de repos pour reprendre la tête. Il paraît que ce genre de conduite est permis en Formule 1, même si on serait enclin à y voir un geste antisportif.

Quoi qu’il en soit, la manoeuvre a payé puisque Hamilton a tenu le coup jusqu’au drapeau à damier. Mercedes au sommet, Vettel 2e, examinons le tout avec objectivité, l’Allemagne a gagné à la fin.

Finalement, ça n’a pas rebondi tant que ça.


http://www.ledevoir.com/sports/actualites-sportives/473271/au-fond-du-puits
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Re: Jean Dion - Le Devoir

Messagepar ViKinG_42 » ven. juin 24, 2016 16:50

Islande, Unisson, Ronaldo, larmes, Brennivín...

C’est du sport!
À l’unisson
21 juin 2016 |Jean Dion | Soccer

Il se révèle radicalement difficile de regarder dans le blanc des yeux le présent Euro de foot et de ne pas s’amouracher de l’équipe d’Islande. Bien sûr, on a toujours un faible pour les négligés et, là, on en tient un vrai.

Il y a aussi la musique des noms. Et l’Islande produit du joli son, littéralement. Examinez-moi un peu cet effectif du tonnerre de plusieurs dieux : Halldórsson, Saevarsson, Hauksson, Hermannsson, Ingason, Sigurdsson, Gudmundsson, Bjarnason, Magnússon, Sigurdsson, Finnbogason, Kristinsson, Jónsson, Árnason, Bödvarsson, Sigurjónsson, Gunnarsson, encore Bjarnason, encore Magnússon, Hallfredsson, Traustason, Skúlason.

S’il n’y avait un égaré en Gudjohnsen — sans doute une erreur de transcription à la naissance — et si je cédais à mes vieux démons en sombrant dans l’enfer du calembour bas de gamme, je vous dirais que cette Islande joue à l’unisson. Dommage d’ailleurs qu’il n’y ait pas un quelconque milieu de terrain qui s’appelle Únisson.

En outre, l’Islande a jusqu’à maintenant livré deux matchs nuls. En général, l’humanité réprouve les verdicts nuls parce qu’elle n’apprécie pas les zones de gris, mais le match nul est là pour rappeler à tout un chacun que la vie n’est pas ainsi faite, qu’il est parfaitement possible d’avoir passé les deux dernières heures à tenter quelque chose qui n’a finalement rien donné. C’est bien de valeur, mais ça arrive. Tenez, pas plus tard que l’autre jour, je me suis mis en frais de monter une pièce d’ameublement suédoise et je me suis ramassé peu après sur le divan, qui lui n’a pas été acheté en pièces détachées, de mon psy, qui a établi un diagnostic de frustration dans la région et m’a refilé une facture aussi salée qu’une assiettée d’anchois de la mer du Nord. Quant à la pièce d’ameublement, elle m’a inoculé un sentiment d’incomplétude surchoix.

Ce fut donc 1-1 contre le Portugal et 1-1 contre la Hongrie. Et il faut le dire, je n’étais pas le seul à être fru : Cristiano Ronaldo l’était aussi, et peut-être plus. Après le match, il a dit que l’équipe islandaise entretenait de petites ambitions et appliquait un strict verrou défensif ennuyant à observer et pratiquement déloyal parce qu’elle n’aurait pas vraiment cherché à gagner. Ce qui a amené quelques esprits espiègles à dire qu’aux côtés du Brennivín, cette eau-de-vie de pomme de terre aromatisée au carvi, figurent désormais les larmes de Ronaldo à titre de boisson nationale.

D’autres âmes calculatrices ont salué l’exploit en soulignant que l’Islande compte quelque 330 000 habitants alors que Ronaldo est suivi par 43,3 millions de personnes sur les Twitters et avait, à 18 h 11 lundi, 112 483 456 mentions « J’aime » sur les Facebooks. Son salaire annuel de base de 17 millions d’euros avec le Real Madrid fait par ailleurs en sorte qu’il touche chaque semaine à peu près autant d’euros qu’il y a d’Islandais.

Mais ça ne va pas très bien pour Ronaldo dans le tournoi. Face à l’Autriche samedi, il a raté un penalty à la 78e minute en expédiant le ballon tout droit sur le poteau gauche du filet puis, peu après, un but qu’il venait apparemment de marquer a été annulé en raison d’un hors-jeu causé par personne d’autre que lui-même. Résultat : 0-0, et le Portugal ferait bien de s’imposer devant la Hongrie mercredi s’il ne veut pas quitter prématurément l’Hexagone alors qu’il était largement favori pour survoler le groupe F.

Quant aux joueurs des Strákamir okkar (Nos garçons) et à leurs fervents partisans — il est estimé qu’ils sont environ 26 000, soit 8 % de la population totale du pays insulaire, à avoir fait le voyage en France pour assister au match —, ils tenteront de poursuivre leur improbable quête contre l’Autriche. Et s’ils y parviennent, nous pourrons nous offrir une solide lampée de Brennivín, et peut-être de nouvelles larmes du grand CR7.


Sources: http://www.ledevoir.com/sports/soccer/473919/c-est-du-sport-a-l-unisson

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Re: Jean Dion - Le Devoir

Messagepar ViKinG_42 » jeu. juin 30, 2016 21:35

Déséquilibrés, Québec, LNH, expansion, Est, Ouest, Plan B, 16-14, 17-15...

C’est du sport!
Géographie 101
25 juin 2016 |Jean Dion | Hockey

Soulevons une question d’intérêt général : si l’auguste Ligue nationale de hockey ne veut pas de Québec, que ne le dit-elle de but en blanc ? Bien sûr, on sait qu’elle veut se garder un plan B, une voie de rechange si les choses tournent mal ailleurs, et il est toujours bon pour un propriétaire qui veut se faire construire un nouvel aréna avec des fonds publics de pouvoir dire aux autorités compétentes de son coin de pays que si elles n’obtempèrent pas, il va appeler le Clan Panneton et filer vers les verts pâturages de la Vieille Capitale, où ils sont assez, comment dire sans blesser personne, téméraires pour avoir construit un superbe amphithéâtre sans même avoir le bout de l’amorce du début d’une fraction de parcelle d’assurance d’obtenir une franchise au cours du prochain siècle ?

Mais pourquoi ne le dit-elle pas ? Parce qu’elle ne veut pas froisser les membres de la population locale en clamant qu’il ne s’agit là que d’un bouche-trou en bonne et due forme ? Si c’est le cas, c’est raté sur toute la ligne, car un des arguments invoqués illustre le fait qu’on prend ici le monde pour, comment dire sans blesser personne, des valises.

Il s’agit évidemment du concept alambiqué de « déséquilibre géographique » : le fait qu’il y a présentement 16 équipes dans l’association Est et 14 dans l’Ouest, ce qui ferait en sorte qu’il faut d’abord ajouter des clubs du côté gauche du continent si on place le nord en haut.

À ce sujet, une autre question d’abord : quand le processus de candidatures a été lancé, la LNH savait qu’elle avait 16 équipes dans l’Est et 14 dans l’Ouest. Pourquoi donc n’a-t-elle pas alors dit à Québecor « désolés, nous sommes des déséquilibrés, vous feriez mieux de ne même pas y penser » au lieu de lui soutirer 10 millions $US simplement pour examiner son dossier ? Hein, pourquoi ?

Cela ne tient juste pas. Pendant des années, les Red Wings de Detroit faisaient partie de l’Ouest et ça ne les a pas empêchés de gagner quatre Stanleys entre 1997 et 2008, comme quoi l’argument des longs et éreintants voyages a le dos large. En 1993, la grande finale a failli opposer Canadien aux Maple Leafs, parce que oui, Toronto était alors dans l’Ouest. Les Canucks de Vancouver ? Quand ils sont arrivés dans la LNH en 1970, ils ont été placés dans l’Est, alors que Philadelphie et Pittsburgh étaient dans l’Ouest. On n’en est pas à une aberration géographique près, et personne n’en est décédé.

Dans d’autres sports non plus. Apercevez-vous les Cowboys de Dallas ? Parfaitement madame, ils jouent dans l’Est de la NFC. Au baseball, les Braves d’Atlanta ont fait partie d’une division Ouest pendant des décennies alors même que dans la même ligue, les Cards de Saint Louis étaient dans l’Est. Mieux encore : les deux clubs de Chicago, Cubs et White Sox, étaient l’un dans l’Est de la Nationale, l’autre dans l’Ouest de l’Américaine.

Et puis, les Red Wings sont dans la division Atlantique, ce qui n’a pas tellement de sens étant donné la distance entre Detroit et l’océan du même nom. On pourrait les renvoyer dans l’Ouest même si de toute évidence, ils ne veulent pas.

Ou alors, placer les Nordiques eux-mêmes dans l’Ouest. Les gens de Québec veulent tellement une équipe qu’ils ne se formaliseraient certainement pas de ce léger impair géographique, comme les bonnes gens de Winnipeg désiraient à ce point un club qu’ils ont accepté de bonne grâce que les Jets fassent partie de l’Est pendant une saison. Personne n’a eu le tournis. De plus, je pressens confusément qu’une rivalité naturelle de tous les diables avec Anaheim ou l’Arizona ne tarderait pas à se développer.

Mais par-delà ces facéties, une question, une autre, c’est la journée des questions, demeure : si la LNH peut parfaitement fonctionner et donner à l’amateur de l’excellent hockey comme on vient d’en voir jusqu’à plus soif avec un format 16-14, pourquoi ne le pourrait-elle pas avec un format 17-15 ? Voilà qui relève du mystère le plus opaque qui soit, mais il appert que les voies du hockey professionnel sont insondables.

Et même s’il y avait un vrai de vrai déséquilibre géographique, la solution serait toute simple. Souvenons-nous du début des années 1980, quand on prenait tous les clubs de la ligue et qu’on dressait un classement général ne tenant pas compte des divisions. Au premier tour, le détenteur du 1er rang affrontait le 16e, le 2e croisait le fer avec le 15e, et ainsi de suite jusqu’à ce que la liste soit épuisée. Avantage supplémentaire : la possibilité d’une finale de la Coupe Stanley mettant aux prises, pour prendre un exemple au hasard, Montréal et Québec. Vous imaginez pareille occurrence ?

Mais oubliez cela, les autorités en place ne veulent pas. Vous voyez, elles n’ont même pas suggéré à Québec d’adopter le dollar américain ni de ne pas participer au repêchage d’expansion afin d’éviter de déplaire aux clubs existants, fâchés de perdre le précieux 16e joueur de leur formation. Rien qu’à voir, on voit bien qu’elles sont de mauvaise foi.

Non mais quel gâchis.
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Re: Jean Dion - Le Devoir

Messagepar ViKinG_42 » dim. août 14, 2016 19:24

L’indestructible rêve de Coubertin
6 août 2016 |Jean Dion | Actualités sportives

La crainte s’est emparée, encore une fois, de la ville hôte des JO: retards dans les infrastructures, crise politique et économique, criminalité galopante, possibilité d’un attentat, virus Zika, pollution de l’eau, etc.

Si d’aventure on cherchait des exemples de la propension de la nature humaine à envisager le pire, il est probable que le mouvement olympique serait parmi les premiers à lever le doigt et à dire : hé, je crois savoir un peu de quoi vous parlez. Les imbroglios, les controverses, la polémique, le tourment, ça le connaît. Il est né dans un questionnement fondamental — quoi, on aurait trouvé un moyen de ne plus se faire la guerre ? — et on pourrait présumer qu’il passerait de vie à trépas dans les mêmes circonstances s’il n’était éternel. Car, oui, il l’est bel et bien, il l’a prouvé.

Combien de fois a-t-on annoncé la mort imminente de l’olympisme moderne, asphyxié par l’ingérence et les tracasseries politiques, terrassé par la tricherie érigée en système, mis hors de combat par les sommes d’argent colossales qu’il charrie, achevé par l’inimitié entre les nations qui finit immanquablement par ressortir son vilain museau ? On ne compte plus. Faut-il rappeler que, dès 1900 et 1904 à Paris et St. Louis, des Jeux présentés parallèlement à des expositions dites universelles avaient suscité une indifférence générale ? De 1904, on retiendrait de douteuses « Journées anthropologiques » mettant en scène des autochtones de tous pays et destinées à montrer la supériorité de ce qu’on appelait alors l’homme civilisé. De l’épisode de Paris, où les compétitions s’échelonnaient sur plus de six mois, Pierre de Coubertin lui-même dirait plus tard qu’il relevait du « miracle » que le mouvement olympique lui ait survécu.

Et pourtant, la jeunesse des nations était bien au rendez-vous à Londres en 1908, puis à Stockholm quatre ans plus tard, et elle l’était encore à Anvers en 1920, après que l’Europe se fut livrée à une boucherie absurde du nom de Grande Guerre qui avait forcé l’annulation des Jeux de 1916 prévus à… Berlin. Et pourtant, nous sommes — déjà ! — à une époque où Coubertin voit partout des menaces à son idéal. En 1919, il évoque les éléments qui ont mené l’olympisme antique à sa perte : « On voit avec le succès se développer la complication et le spécialisme d’où sortent bientôt le professionnalisme et la corruption, écrit-il. C’est le mercantilisme. Les jeux sont entourés d’une vaste foire où s’entassent les curiosités et les spectacles ; il faut toujours du nouveau, du sensationnel à cette foule énervée et bruyante. À plusieurs reprises pourtant, s’esquissent des mouvements de salutaire réaction mais peu à peu, l’opinion se détache et se détourne, la religion athlétique perd ses fidèles : elle n’a plus que des clients. » Imaginons en plus ce qui se passera si on se met à admettre les femmes en grand nombre…

L’un après l’autre

Berlin a raté sa chance une première fois ? Qu’à cela ne tienne, on y tiendra les Jeux de 1936, qui deviendront une vitrine pour le nazisme et la prétendue race aryenne. Et si les présentations de 1940 et 1944 allaient à leur tour succomber aux aléas d’un conflit mondial, les athlètes (moins ceux des pays qui ont perdu la guerre, quand même) se sont bien retrouvés à Londres trois ans à peine après la fin des hostilités.

1956 ? Ce match de water-polo entre l’URSS et la Hongrie à Melbourne, d’une brutalité telle qu’il héritera du surnom de « bain de sang », se déroule quelques semaines après que des tanks soviétiques eurent débarqué à Budapest sans avoir été expressément invités. Hasard, sans doute.

À Mexico en 1968, on procède au massacre de la place des Trois Cultures à l’intention de ceux qui veulent davantage de démocratie, et Tommie Smith et John Carlos ont brandi un poing ganté de noir pour dire au monde ce qui se passait au juste aux États-Unis.

L’attentat sanglant de Munich 1972, qui faisait désormais de l’olympisme une cible en vue du terrorisme, aurait pu sonner le glas des Jeux, mais ils n’ont même pas réussi à les interrompre plus de 24 heures. Le désastre financier de Montréal et le boycottage de presque toute l’Afrique, de même que le constat aigu que l’Allemagne de l’Est et d’autres ne carburaient pas à l’eau claire et aux fruits frais n’ont pas empêché la machine de continuer à tourner, pas plus que le boycottage de Moscou 1980 par l’Occident et la réplique du bloc de l’Est à Los Angeles 1984. Le gagnant du 100 mètres, le champion le plus adulé des JO, pincé pour cause de stanozolol à Séoul 1988 ? Un accident de l’histoire. Quant au scandale de corruption entourant l’attribution des Jeux d’hiver de 2002 à Salt Lake City, rien que de menues réformes ne peuvent corriger.

Maintenant, on est passé aux craintes. Le smog à Pékin. Le manque de neige à Whistler. L’obsession pour la sécurité à Londres. L’interdiction de la « propagande homosexuelle » à Sotchi. Et à Rio, on a l’embarras du choix : les retards dans les infrastructures, la crise politique et économique au Brésil, la criminalité galopante dans la ville, la possibilité d’un attentat, le virus Zika, l’eau épouvantablement sale de la baie de Guanabara, alouette.

S’il ne restait qu’à apprendre que 70 % des athlètes russes originellement inscrits pourront participer aux Jeux malgré un dopage d’État dans leur pays, et qu’on continue de sortir des tests positifs 10 ans plus tard, on pourrait conclure que la bête olympique a la vie d’une dureté impressionnante. Et même plusieurs.


http://www.ledevoir.com/sports/actualites-sportives/477187/l-indestructible-reve-de-coubertin

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Re: Jean Dion - Le Devoir

Messagepar ViKinG_42 » mar. août 23, 2016 3:33

Hors Jeux
La fin, nettement
Jean Dion
22 août 2016 |Jean Dion | Actualités sportives

Dans 20 ans et quelques, quelqu’un déterrera peut-être cette chronique tombée dans un fort compréhensible oubli et s’en gaussera. « Écoute un peu ça, chose : le gars dit que, par-delà les performances remarquables des athlètes et le caractère résolument pittoresque de la gymnastique rythmique aux Jeux de la XXXIe olympiade d’été de Rio de Janeiro, il a surtout été impressionné par les progrès de la technologie postmoderne qui permet au téléspectateur d’avoir des images dont la netteté et la précision laissent baba. Certes, il reconnaît qu’il ne recule pas en âge et qu’il a tendance à être dépassé par les événements et que ce sont peut-être simplement ses lunettes qui ont changé depuis Sotchi 2014 qui ont un impact décisif, mais il s’émerveille du fait qu’il parvient à distinguer le H de l’autre H et du O dans les éclaboussures du plongeon synchronisé et le Na du Cl dans les larmes des athlètes qui pleurent parce que a) ils ont gagné, b) ils n’ont pas gagné, ou c) juste parce que. Ha ha ! Et il n’avait qu’un écran à deux dimensions, le pauvre. Et ils appelaient ça de la haute définition ! Et en plus, il écrivait pour un journal fait en papier ! Quelle préhistoricité ! »

C’est pourtant vrai : nul ne sait où nous en serons aux Jeux de 2036 ou 2038, peut-être aura-t-on trouvé un moyen robotique et incorruptible de remplacer les juges de boxe incompétents, peut-être Canadian Tire aura-t-il été entendu et peut-être jouerons-nous tous pour le Canada (ce qui ne serait pas nécessairement beau à voir, dans mon cas du moins), peut-être aura-t-on résolu à la satisfaction de tout le monde la question de l’intersexualité (ne retenez pas votre souffle en attendant), peut-être nos téléphones dits intelligents passeront-ils pour de doux demeurés, peut-être comprendra-t-on ce que les commentateurs disent aux cérémonies d’ouverture, il reste une chose : jamais l’expérience télévisuelle olympique n’a été aussi intense. On a peine à imaginer que le monde se soit excité à l’avènement du chronométrage électronique, du direct aux JO, de la reprise instantanée, du ralenti, de la télé couleur. Quand on montre des extraits de Jeux d’un passé plus ou moins distants, le présentateur se sent plus ou moins dans l’obligation de s’excuser de la piètre qualité des images.

En plus de la puissance de la diffusion induisant une fureur de vivre dans la région locale, on retiendra évidemment Usain Bolt, et c’est d’ailleurs peut-être la seule manière de l’empêcher de gagner : le retenir. Mais avec la carrure du monsieur, on doute fort que ce soit là tâche aisée, à moins d’être un lutteur dans la catégorie des 125 kg. Et vous trouvez qu’on l’a beaucoup vu, Bolt, peut-être trop ? Mettons ceci : pour remporter ses neuf médailles d’or, il a couru dans les finales pendant un total de moins de 2 minutes. C’est le genre de chose qui arrive quand on est pressé.

Il y a aussi Michael Phelps et ses ventouses — selon des sources proches du dossier, il voulait à la fois transformer sa circulation sanguine et rendre hommage au drapeau du Japon. Il tire sa révérence avec 28 médailles olympiques, dont 23 d’or, et il est hors de tout doute raisonnable ou pas le plus grand nageur de tous les temps, et cela vient d’un énorme admirateur de Johnny Weissmuller, qui a joué le rôle de Tarzan en noir et blanc et a ainsi combattu bien des dangers plus grands que d’affronter un gars qui pisse violet. D’ailleurs, puisqu’il est question de Phelps, il serait peut-être indiqué de mentionner un peu plus que, s’il s’est autant couvert de quincaillerie, c’est parce qu’il pouvait le faire, la natation offrant un très grand nombre de médailles. Le boxeur doit livrer plusieurs combats, la volleyeuse doit disputer plusieurs matchs, il n’y aura toujours au bout du compte qu’une seule médaille ; pour en gagner 28, ils devraient concourir pendant au moins 108 ans, ce qui est beaucoup demander même à des gens au sommet de leur forme.

Parlant de Hollywood, il se trouvera sûrement un scénariste pour raconter l’histoire de Neymar, appelé en renfort comme capitaine par l’équipe du Brésil et qui marque le filet décisif aux tirs au but pour donner à son pays son premier titre olympique, contre l’Allemagne par-dessus du marché. Ça commence mal et ça finit bien, tout ce dont on peut rêver.

Et combien d’autres aventures dont l’espace nous manque pour les évoquer. C’est la faute du papier.

Mais on donnera quand même une médaille au premier ministre du Japon, Shinzo Abe, qui est arrivé à la cérémonie de clôture déguisé en Mario Bros. C’est quand même une bonne idée de ne pas avoir débarqué habillé en Pokémon, il n’aurait peut-être pas survécu au tir croisé des téléphones.

Ainsi prennent fin nos émissions pendant la trêve sacrée. D’ici à la revoyure, veuillez veiller à remercier le Grand Leader Kim Jong-un de vous avoir aidé à tenir le coup, à ne pas abuser des produits masquants, à déplorer que Ryan Lochte n’ait pas été le porte-drapeau des États-Unis à la cérémonie de clôture, à remplir le stade davantage qu’à moitié, à avoir besoin de plus de Canada, à ne jamais abandonner votre rêve et à travailler inlassablement pour le réaliser parce que c’est ce qui fera de vous une meilleure personne dans l’ensemble, à inspirer le café de Tim Hortons et surtout, surtout, à fermer la télé à double tour en quittant la pièce.

Vos réactions - 1 commentaire
Pierre Robineault - Abonné
22 août 2016 15 h 46
Plaisir
Je vous ai lu comme toujours sans m'arrêter avec un immense plaisir. Ne changez surtout pas, s'il-vous-plaît, restez fou!


http://www.ledevoir.com/sports/actualites-sportives/478249/hors-jeux-la-fin-nettement#

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Re: Jean Dion - Le Devoir

Messagepar ViKinG_42 » lun. nov. 07, 2016 23:25

Il est, FI-NA-LE-MENT, de retour !

Et il trouve le moyen de citer Asshole, euh j'veux dire Axl Rose.

C’est du sport!
La fin, enfin
Jean Dion
5 novembre 2016 |Jean Dion | Actualités sportives | Chroniques

On ne revient pas d’une chose pareille en 48 ou 72 heures. On verra à l’usage, peut-être faudra-t-il une semaine, un mois, un an, une décennie, peut-être que toute une vie ne suffit pas à se remettre de ses émotions et que c’est en paquet de nerfs qu’on se retrouve de l’autre côté, imaginez une éternité à trépigner.

Les Cubs de Chicago, bien sûr, 108 ans de turpitude — voilà qui ferait un joli titre de roman, quitte à être accusé de plagiat —, et voilà que le temps d’une soirée complètement dingue, la rédemption survient, spectaculaire, improbable, indescriptible. Le propriétaire principal de ceux qu’on connaissait jusque-là sous l’appellation de Lovable Losers, Tom Ricketts, l’avait dit : pour retirer de leurs épaules le poids oppressant de l’histoire, même un balayage de la Série mondiale en 4 matchs ne saurait faire l’affaire. Il fallait que ce soit, selon son mot, « épique ». Et ce le fut, madame, ce le fut tellement.

Une soirée ? Theo Epstein, le tueur de malédictions déjà connu pour avoir extirpé les Red Sox de Boston d’une brève séquence de 85 saisons sans voir la lumière en 2004, parlerait plutôt de cinq ans, cinq ans comme président de l’équipe à mettre soigneusement en place les pièces du casse-tête et former la meilleure équipe du baseball. Cinq ans de labeur qu’il a réellement craint de voir s’envoler en fumée — encore une fois — quand les Indians de Cleveland ont marqué 3 points en fin de 8e manche mercredi pour créer l’égalité 6-6, alors qu’Aroldis Chapman se trouvait au monticule, l’as incontesté, le gars aux balles à mille milles à l’heure, celui qui est censé fermer les livres, pas écrire un nouveau chapitre du grand récit Un malheur est si vite arrivé.

Mais de fumée il n’y eut point, parce que la nature — ou les dieux de la balle, selon les interprétations — se chargea d’envoyer sur le stade une ondée qui força une courte interruption après la 9e manche. Il était autour de minuit et on ne pouvait pas résister à la tentation de se pincer dans la région, 7e match, égalité, prolongation, un siècle d’histoire dans la balance, et quoi, il pleut ? Ça ne se peut juste pas. Ça va se conclure à 4 heures du matin ? Demain ? Jamais ? Non. Axl Rose l’a chanté : « Nothing lasts forever, even cold November rain ».

Le délai a finalement duré moins de 20 minutes, tout juste le temps de déployer la toile protectrice et de l’enlever, mais il devait jouer un rôle déterminant dans la marche ordonnée de l’univers. Le premier-but étoile des Cubs Anthony Rizzo l’a dit : sans cette suspension des activités et la tenue d’une petite réunion des joueurs, Chicago n’aurait pas gagné le match, étouffé par la pression d’avoir laissé filer une avance si près du but. Comme ça s’était produit si souvent par le passé.

Mais non, il revenait aux Cubs de marquer 2 points en début de 10e et de se donner une dernière frousse en permettant aux Indians de marquer en fin de manche et d’avoir le point gagnant au bâton. L’imprécation de la chèvre, en cours depuis 1945, venait bel et bien de passer de vie à trépas.

Les Cubs de Chicago champions ? La dernière fois qu’on avait entendu ça, c’était en 1908. Il faut croire que toute mauvaise chose a une fin.


http://www.ledevoir.com/sports/actualites-sportives/483993/c-est-du-sport-la-fin-enfin

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Re: Jean Dion - Le Devoir

Messagepar ViKinG_42 » jeu. nov. 10, 2016 19:10

Quand t'es pas assez bon pour être Commissaire du baseball majeur ou que tes frasques sont trop grosses pour être propriétaire d'une équipe de la NFL, il te reste la présidence états-uniennes...

Et si la NFL avait choisi Trump… ?
Le milliardaire voulait acheter une équipe, mais il choisira finalement d’être candidat
10 novembre 2016 |Jean Dion | Actualités sportives
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Trump en compagnie du porteur de ballon étoile de la United States Football League, Herschel Walker, en 1984. L’homme d’affaires avait amorcé la démarche pour faire l’acquisition d’une équipe.
Photo: Dave Pickoff Archives Associated Press Trump en compagnie du porteur de ballon étoile de la United States Football League, Herschel Walker, en 1984. L’homme d’affaires avait amorcé la démarche pour faire l’acquisition d’une équipe.

Le sport présente parfois des incidences insoupçonnées sur la politique et la marche générale du monde, et on peut constater que l’Histoire est passée bien près d’être tout autre.

Au début des années 1990, le baseball majeur traversait une certaine crise, alors que propriétaires d’équipes et joueurs étaient à couteaux tirés autour de la question d’un plafond salarial. Le climat d’affrontement, présent depuis un bon moment déjà, allait mener à la démission forcée du commissaire de l’époque, Fay Vincent, et à son remplacement effectif en 1992 par Bud Selig, qui travaillait fort pour que cela se concrétise.

En rétrospective, ce dénouement n’était pas nécessairement le plus probable. Les proprios avaient dressé une très courte liste de successeurs potentiels, dans laquelle figurait le nom de George W. Bush, alors copropriétaire des Rangers de New York. Dans un récent bouquin, The Game, qui narre par le menu le fil des événements, le journaliste Jon Pessah affirme ce que plusieurs soupçonnaient depuis longtemps, soit que le véritable rêve de Bush consistait à devenir commissaire du baseball, pas à diriger le plus puissant pays du monde.

Déçu de la tournure des choses, Bush s’est laissé convaincre de se porter candidat au poste de gouverneur du Texas en 1994, ce qu’il avait refusé de faire quatre ans plus tôt. Élu, puis réélu, il allait se servir de ce tremplin pour accéder à la Maison-Blanche, avec tout ce que cela supposerait.

Donald et le football

Un saut jusqu’en 2014. En mars de cette année-là, Ralph Wilson, le propriétaire et fondateur des Bills de Buffalo, de la Ligue nationale de football, meurt à l’âge de 95 ans. Sa succession ne désire pas conserver l’équipe et la met en vente. Parmi les trois finalistes pour l’achat de l’équipe, on retrouve le nom de l’homme d’affaires Donald J. Trump.

C’est finalement le couple d’entrepreneurs Terry et Kim Pegula, déjà propriétaire des Sabres au hockey, qui a remporté la mise avec une soumission de 1,4 milliard $US. Trump, lui, avait mis un milliard sur la table, une offre qu’il dira avoir faite sans grand enthousiasme, parce qu’il était vraiment tenté par la course à la présidence des États-Unis. Mais une chose est certaine, a-t-il déclaré au quotidien The Buffalo News, en avril dernier : « Si j’avais acquis les Bills, je n’aurais pas été candidat. Ç’aurait été trop. »

On raconte que les dirigeants de la NFL, si soucieux de l’image du circuit, ont alors poussé un sérieux soupir de soulagement : n’eût été la proposition des Pegula — que maints observateurs de la scène financière sportive ont d’ailleurs jugée excessivement généreuse — la ligue aurait sans doute eu à « gérer » Donald Trump et ses inévitables frasques.

Car ce n’était pas la première fois que Trump faisait irruption dans le domaine du football. Il y avait un précédent, un vrai, qui avait montré le véritable caractère du personnage, sa résolution à foncer dans le tas, sa propension à n’en faire qu’à sa tête, sans trop se soucier des conséquences.

En 1983, un nouveau circuit professionnel avait amorcé ses activités, la United States Football League (USFL). La concurrence que l’USFL livrait à la NFL était indirecte, puisqu’elle cherchait surtout à profiter de l’appétit insatiable des Américains pour ce sport en présentant ses matchs le printemps et l’été. Or, à l’issue de la première saison de la ligue, Trump avait procédé à l’acquisition d’une des équipes, les Generals du New Jersey.

L’USFL ne vivra que trois ans, mais elle sera marquée par le fracas du passage du Trump, qui s’attirera les foudres de la NFL en courtisant à gros prix ses joueurs établis, forçant du coup ses équipes à consentir des hausses de salaire. Il sera le principal responsable d’une décision visant à déplacer les matchs de la USFL à l’automne — une collision frontale, faisait-il valoir, serait le meilleur moyen de contraindre la NFL à procéder à une fusion, ce qui était son réel objectif — et d’une poursuite judiciaire contre la NFL pour pratiques monopolistiques, notamment en matière de droits de télédiffusion. Dans son livre, The Art of the Deal, publié en 1987, Trump écrira que, lors de l’audition de la cause, la NFL l’a dépeint comme « un milliardaire vicieux, cupide et machiavélique, résolu à servir [ses] intérêts égoïstes aux dépens de tout le monde ».

La requête ne remportera qu’une demi-victoire et la saison 1986 de la USFL n’aura jamais lieu, le circuit rendant l’âme, noyé dans une mer d’encre rouge.

Près de 30 ans plus tard, Donald Trump n’a pas vraiment eu de tremplin, mais il a tout de même accédé à la Maison-Blanche. On verra maintenant ce que cela suppose.


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