Jean Dion - Le Devoir

La diffusion du Foot US à la télé ou sur le net, les plus belles photos de la saison, vos coups de patte sur photoshop... (accès réservé aux membres)

Modérateur : Groupe modérateurs

Avatar du membre
ViKinG_42
Hall of fame
Hall of fame
Messages : 8110
Enregistré le : dim. août 07, 2011 4:59
Equipe préférée : 49ers, Raiders, Alouettes, Vert & Or
Localisation : Tiohtià:ke, territoire Kanien'kehá:ka non-cédé (Montréal)
Contact :

Re: Jean Dion - Le Devoir

Messagepar ViKinG_42 » lun. nov. 14, 2016 19:18

Élections, Paul McCartney, Nick Saban, 0-10, Browns

C’est du sport!
Le plongeon en soi
Jean Dion
12 novembre 2016 |Jean Dion | Actualités sportives | Chroniques

Vous auriez tort de vous inquiéter. Il existe un truc efficace à tout coup, 100 % garanti, pour conserver sa santé mentale et ne pas se ramasser à l’urgence avec une pathologie des nerfs de nature à gâcher la vie, dont on n’a qu’une (sauf James Bond, mais son cas est particulier, on y reviendra un de ces jours, quand l’actualité s’y prêtera). Il s’agit de plonger en soi-même et de faire comme si cet univers de bruit, de fureur et de stupidité qui nous entoure n’existe pas. C’est tout, et c’est la seule méthode connue.

Quelques exemples pour nous aider à cheminer vers l’inconscience salvatrice ? D’abord, Nick Saban. Entraîneur-chef de l’équipe du Crimson Tide d’Alabama, Saban est l’un des pilotes les plus en vue du football universitaire aux États-Unis. Il est donc normal qu’on lui demande cette semaine ce qu’il pensait de tout cela, tout cela étant bien entendu l’accession de The Donald à la tête du monde libre.

« C’est si important pour moi que je ne savais même pas qu’il y avait une élection, a répondu Saban. Nous nous concentrons sur d’autres choses ici. »

« J’espère simplement que peu importe qui est notre leader, il fera tout en son possible pour que nous ayons un pays sûr et que la qualité de beaucoup de gens s’améliore, et je ne pense pas que je suis qualifié pour déterminer qui cette personne devrait être. »

Dommage qu’on n’en trouve pas davantage pour penser comme lui, est-on vaguement enclin à songer en regardant novembre par la fenêtre.

Ou encore, DeMarcus Cousins, le basketteur et joueur de centre étoile des Kings de Sacramento, à qui on a demandé s’il avait assisté au spectacle de Paul McCartney. Quelques jours plus tôt, l’ancien des Beatles avait été le tout premier artiste à se produire au nouveau Golden 1 Center, le domicile des Kings à compter de cette saison.

« Je ne sais pas qui est Paul McCartney », a répondu Cousins.

Vous voyez, c’est d’une simplicité désarmante.

L’inconscience peut aussi vous venir en aide si vous prenez pour une équipe qui s’adonne à traverser une mauvaise passe depuis 30 ou 40 ans ou encore plus. Les Browns de Cleveland, mettons, qui n’ont rien gagné depuis les beaux jours de Jim Brown — qui est devenu octogénaire cette année —, qui montrent un ronflant rendement de 0-10 cette saison et présentent du jeu si tellement épouvantable qu’on préfère prétendre qu’ils ne sont qu’une projection de notre esprit fiévreux.

Tenez, jeudi encore, contre les Ravens de Baltimore, les Browns ont trouvé le moyen d’offrir à l’amateur qui suit le football depuis près d’un demi-siècle quelque chose qu’il n’avait encore jamais vu. Ils ont en effet pris un temps d’arrêt avant le premier jeu du match depuis la ligne de mêlée. Parfaitement, madame : avant le premier jeu du match. C’est qu’ils avaient 12 joueurs sur le terrain. On appelle cela une mécanique finement huilée.

Ou peut-être les Browns ont-ils eux aussi décidé que le reste du monde ne vaut pas la peine d’exister.


134813
BRING BACK KAEP IN DA NFL !

Image

Avatar du membre
ViKinG_42
Hall of fame
Hall of fame
Messages : 8110
Enregistré le : dim. août 07, 2011 4:59
Equipe préférée : 49ers, Raiders, Alouettes, Vert & Or
Localisation : Tiohtià:ke, territoire Kanien'kehá:ka non-cédé (Montréal)
Contact :

Re: Jean Dion - Le Devoir

Messagepar ViKinG_42 » sam. nov. 26, 2016 22:36

Quand des sportifs s’invitent dans le débat public
26 novembre 2016 |Jean Dion | Actualités sportives
Image
Photo: Thearon W. Henderson Getty Images Agence France-Presse À partir d’août dernier, le quart-arrière des 49ers de San Francisco, Colin Kaepernick (à l’avant-plan), a refusé à plusieurs reprises de se mettre debout pendant l’hymne national précédant un match, comme contre les Rams de Los Angeles en septembre.

Les propos sont peut-être controuvés ; en tout cas, le principal intéressé nie les avoir jamais tenus. En 1990, la course au Sénat des États-Unis en Caroline du Nord mettait aux prises le démocrate Harvey Gantt, un Afro-Américain, et le républicain Jesse Helms, en poste depuis près de deux décennies et opposant notoire aux droits civiques. À ce moment, bien des gens se demandaient pourquoi Michael Jordan, sans doute le plus grand joueur de basketball de tous les temps et un résidant très en vue de cet État, refusait de prendre publiquement position en faveur de Gantt.

Les sources varient au point de se contredire, mais il est entré dans une certaine légende que Jordan, lié de près, et très lucrativement, à l’équipementier Nike, se serait ainsi expliqué à un ami : « Les républicains aussi achètent des chaussures. »

Vraie ou fausse, l’anecdote témoigne quand même d’une réalité bien ancrée : les sportifs de haut niveau sont généralement réticents — généralement, car on a pu par le passé trouver ici et là des interventions — à se prononcer sur le plan politique ou social ou à participer aux débats publics. Deux éléments principaux peuvent expliquer cela : ils savent que, parmi leurs partisans, se trouvent des gens de toutes allégeances, et ils sont souvent associés à des commanditaires qui veulent se tenir loin de la polémique.

Fréquemment critiqué pour sa réserve, Jordan, aujourd’hui propriétaire principal des Hornets de Charlotte, de l’Association nationale de basketball, a surpris un peu tout le monde en juillet dernier lorsqu’il a publié un message sur The Undefeated, un site Web créé en mai par le réseau ESPN et abordant le sport et la culture d’un point de vue afro-américain. Intitulé Je ne peux plus garder le silence, le texte fait allusion aux tensions entre la police et la communauté noire aux États-Unis et à la nécessité de les apaiser. Jordan a du coup annoncé un don personnel de 1 million $US à chacune des deux parties afin de favoriser un dialogue constructif.

Des femmes parlent

Ce même mois, des femmes ont également pris la parole, alors que des joueuses de trois équipes de la WNBA, la ligue féminine professionnelle de basket, ont porté des chandails noirs pendant des entraînements d’avant-match. Sur certains des chandails, on pouvait lire l’inscription #BlackLivesMatter, mais aussi #Dallas5, un hommage aux cinq policiers abattus début juillet par un forcené dans la grande ville du Texas.

Au nom de ses coéquipières, la garde du Liberty de New York Tanisha Wright a alors expliqué : « Nous avons le sentiment que ce pays a un problème avec la brutalité policière à l’endroit des Noirs. Nous voulons simplement utiliser notre voix et notre plateforme pour exprimer cela. Mais comprenons-nous bien : dire “Black lives matter” ne signifie pas que la vie des autres n’a pas d’importance. Les gens s’imaginent que la formule signifie que seule la vie des Noirs compte. Ce que nous disons, c’est que la vie des Noirs compte aussi. Point à la ligne. »

Après avoir averti les joueuses de cesser cette pratique, la WNBA — composée à 70 % de joueuses noires — les a mises à l’amende, ainsi que leurs clubs, un geste qui n’a pas manqué d’en étonner plusieurs étant donné que le circuit est très actif en matière de relations avec la communauté. Et de fait, les sanctions ont été annulées quelques jours plus tard.

La bombe

Mais la bombe médiatique a véritablement explosé le 26 août, quand le quart-arrière des 49ers de San Francisco Colin Kaepernick a refusé de se mettre debout pendant l’hymne national précédant un match préparatoire de la Ligue nationale de football — composée à 69 % de joueurs afro-américains — contre les Packers de Green Bay. Kaepernick, qui est Métis, a dit vouloir ainsi protester contre « l’oppression des Noirs et des gens de couleur » aux États-Unis, notamment de la part des corps policiers. « Il y a des corps dans les rues, et des gens qui commettent des meurtres ne sont pas inquiétés », a-t-il déclaré.

Kaepernick a connu un début de carrière professionnelle étincelant de 2011 à 2013, mais son étoile a passablement pâli par la suite, de telle sorte qu’au début de la présente campagne de la NFL, il n’était plus que le quart réserviste chez les 49ers. Mais l’onde de choc consécutive à son geste a été immense et les réactions, passionnées, ont fusé de partout, au sein du monde du sport et à l’extérieur. (Étrangement, c’était la troisième semaine de suite que Kaepernick agissait ainsi, mais personne, semble-t-il, ne l’avait remarqué.) Certains lui ont signifié leur appui indéfectible. D’autres l’ont qualifié de traître et lui ont sévèrement reproché de manquer de respect à son pays, et accessoirement à la police et à l’armée. Au milieu, d’autres encore ont fait valoir que Kaepernick avait raison sur le fond mais qu’il n’avait pas choisi la bonne manière, le bon moment ni le bon endroit pour faire connaître ses récriminations. Ce qui ne l’a pas empêché de continuer. Et de s’attirer de nouvelles critiques en révélant qu’il n’avait pas voté à l’élection présidentielle, aucun des candidats n’étant à ses yeux en mesure de corriger la situation.

Le cas Trump

Barack Obama a dit que le joueur avait exercé son « droit constitutionnel » de s’exprimer et qu’il avait au moins le mérite d’attirer l’attention sur « des problèmes dont il faut parler ». Les 49ers ont mis l’accent sur la liberté de parler de Kaepernick. Donald Trump, pour sa part, lui a recommandé de quitter le pays.

Lors du premier dimanche d’activités en saison régulière dans la NFL — qui, ironiquement, tombait le 11 septembre —, plus d’une dizaine de joueurs ont imité Kaepernick. Parmi ceux-ci, le receveur de passes des Seahawks de Seattle Doug Baldwin, dont le propre père est policier et qui a invité tous les États à revoir la façon dont ils forment les membres des forces de l’ordre. Et depuis, de nombreux athlètes de différents sports ont aussi manifesté d’une manière ou d’une autre leur mécontentement.

Puis, le 13 novembre, le mouvement a pris une autre tournure quand l’ailier éloigné des Buccaneers de Tampa Bay Mike Evans est resté assis pendant le Star-Spangled Banner. Lui voulait plutôt protester contre l’élection de Trump, survenue quelques jours plus tôt. « Que cela arrive signifie que quelque chose ne va pas, a dit Evans. J’ai déjà dit cela il y a longtemps. Lorsqu’il s’est porté candidat, j’ai pensé que c’était une blague, et la blague continue. Je ne m’intéresse pas tellement à la politique, mais j’ai de la jugeote. Et quand quelque chose ne va pas, je le sais. »

Quarante-huit heures après le scrutin présidentiel, les circonstances avaient par ailleurs fait en sorte qu’Obama reçoive successivement à la Maison-Blanche, le même jour, les Cavaliers de Cleveland, champions de la NBA — composée à 74 % de joueurs afro-américains —, et… Donald Trump. On a donc demandé à la supervedette des Cavaliers LeBron James, qui avait appuyé avec enthousiasme Hillary Clinton, s’il accepterait une invitation de la part du président fraîchement élu. « Je ne sais pas, a-t-il répondu. On verra quand l’occasion se présentera, si elle se présente. » Et paradoxalement, il espère qu’elle se présentera, car cela signifierait un autre championnat…

On en est là. Il reste maintenant à voir si le mouvement continuera de prendre de l’ampleur ou s’il s’essoufflera. Mais pour l’heure, le sport en Amérique n’est de toute évidence plus dans la bulle qu’il a (trop ?) souvent tendance à affectionner.


134 863
BRING BACK KAEP IN DA NFL !

Image

Avatar du membre
ViKinG_42
Hall of fame
Hall of fame
Messages : 8110
Enregistré le : dim. août 07, 2011 4:59
Equipe préférée : 49ers, Raiders, Alouettes, Vert & Or
Localisation : Tiohtià:ke, territoire Kanien'kehá:ka non-cédé (Montréal)
Contact :

Re: Jean Dion - Le Devoir

Messagepar ViKinG_42 » sam. déc. 10, 2016 18:46

Une bonne chronique plein de nostalgie comme il en a le secret:

C’est du sport!
Comme le bon Vin
Jean Dion
3 décembre 2016 |Jean Dion | Actualités sportives | Chroniques

Ce ne sera plus jamais comme avant. Vers qui diable se tournera-t-on maintenant quand on voudra prendre congé de cette vie qui va tambour battant, pour se refaire une espèce de sorte de genre de santé nerveuse générale ?

Vin Scully ne sera plus là, au micro, à raconter mille histoires savoureuses pendant sa description des matchs des Dodgers. De Los Angeles, faut-il préciser, parce que, quand il a commencé, les Dodgers étaient situés à Brooklyn. D’ailleurs, s’ils ont acquis ce surnom qui est finalement resté, c’est en l’honneur des citoyens de Brooklyn qui étaient, paraît-il, très habiles à éviter les tramways circulant pas mal plus vite que les chevaux. Vin Scully a amorcé sa carrière d’annonceur en 1950. Nul ne savait encore qui était Hank Aaron. Willie Mays et Mickey Mantle allaient faire leur entrée dans le baseball l’année suivante. Le père de Barry Bonds avait 4 ans.

À la fin de la dernière campagne, Scully a pris sa retraite, après 67 saisons à commenter les matchs des Dodgers à la radio et à la télé (notamment, parce qu’il a aussi fait des séries éliminatoires, du football et du golf). Il a eu 89 ans mardi. Il y a quelques années, on a appelé les partisans à nommer le membre de l’organisation qu’ils aimaient le plus. Il a terminé au premier rang. Devant tous les joueurs, de Jackie Robinson à Sandy Koufax, devant des gérants de légende comme Walter Alston ou Tom Lasorda. La rue qui mène au Dodger Stadium s’appelle Vin Scully Way.

Il aura été le roi, même s’il est beaucoup trop modeste pour le dire lui-même. Quand le secrétaire de presse de Barack Obama l’a appelé pour lui dire que ce dernier voulait lui décerner la médaille présidentielle de la Liberté, la plus haute décoration civile aux États-Unis — qu’il a reçue la semaine dernière — Scully a répondu : « Êtes-vous certain ? Je ne suis qu’un vieil annonceur de baseball. »

Mais, comme l’a dit Obama, il était en fait un vieil ami. Ces dernières années, il décrivait les matchs seul et il nous parlait comme si nous avions été assis dans son salon. Son timbre rassurant, ses anecdotes d’un gars qui a tout vu et qui connaît tout le monde, sa poésie, son éternelle bonne humeur.

Scully a souvent raconté que, lorsqu’il était enfant, il adorait se placer près du gros poste de radio familial et écouter des reportages sportifs. Le bruit de la foule en particulier l’impressionnait. Il ne l’a jamais oublié, et il savait se taire autant qu’il savait parler. Quand Kirk Gibson, des Dodgers, a frappé un circuit décisif en fin de 9e manche du match initial de la Série mondiale en 1988, il a laissé 69 secondes s’écouler avant de reprendre la parole. Plus d’une minute à la télévision, c’est très, très long. Mais c’était exactement ce qu’il fallait faire.

On se donne une idée de sa longévité ? Mettons ceci : en début de carrière, il faisait des publicités de cigarettes pendant les matchs de baseball à la radio. Il a décrit des rencontres mettant aux prises les Dodgers et les Red Legs de Cincinnati, les Reds ayant dû changer temporairement de nom en pleine folie du maccarthysme, quand il ne faisait franchement pas bon être un rouge aux États-Unis. Il en était déjà à sa 10e année de service quand les Red Sox de Boston sont devenus la dernière équipe des ligues majeures à intégrer un joueur noir dans leur formation.

Et il y a les transistors. On raconte que Scully a beaucoup fait pour la vente de radios portatives : les gens qui voulaient suivre les matchs à l’extérieur de leur maison, bien sûr, mais aussi ceux qui avaient des billets au vénérable Ebbets Field de Brooklyn et plus tard au Dodger Stadium à L.A. Car, si ceux-ci voyaient l’action se dérouler devant eux, ils voulaient quand même entendre les bonnes histoires de l’ami Vin. Scully a raconté qu’il voyait des spectateurs dans les gradins rire de ses blagues et que, à un moment donné, il a même dû demander à ses auditeurs dans le stade de baisser le volume de leur radio parce qu’il y avait un retour de son jusque dans son studio.

La semaine dernière, le président Obama a dit : « Le baseball a ses sons caractéristiques : le bâton qui frappe la balle, les spectateurs qui chantent au milieu de la 7e manche, la voix de Vin Scully. » On s’en ennuiera. Vraiment beaucoup.


134 917
BRING BACK KAEP IN DA NFL !

Image

Avatar du membre
ViKinG_42
Hall of fame
Hall of fame
Messages : 8110
Enregistré le : dim. août 07, 2011 4:59
Equipe préférée : 49ers, Raiders, Alouettes, Vert & Or
Localisation : Tiohtià:ke, territoire Kanien'kehá:ka non-cédé (Montréal)
Contact :

Re: Jean Dion - Le Devoir

Messagepar ViKinG_42 » jeu. févr. 02, 2017 5:37

Premier d'une série d'articles sur le sport à Montréal, dans le cadre du 375e anniversaire de la ville. Textes publiés en alternance entre Jean-François Nadeau, journaliste et historien, et Jean Dion.

Montréal, c’est du sport (1/10)
La crosse, ce sport autochtone devenu national
19 décembre 2016 |Jean-François Nadeau | Actualités sportives

Image
Équipe de crosse de Kahnawake, en 1876. La majorité de ces joueurs avaient voyagé en Angleterre pour une tournée organisée par William George Beers. L’homme portant une coiffe traditionnelle est le capitaine de l’équipe, Sawatis Aiontonnis.
Photo: William Notman / Musée McCord Équipe de crosse de Kahnawake, en 1876. La majorité de ces joueurs avaient voyagé en Angleterre pour une tournée organisée par William George Beers. L’homme portant une coiffe traditionnelle est le capitaine de l’équipe, Sawatis Aiontonnis.


L’histoire de Montréal, c’est aussi l’histoire des sports qui s’y sont pratiqués. À l’occasion du 375e anniversaire de la métropole, cette grande série de dix articles explore les enjeux politiques, culturels, sociaux et économiques autour de différents sports marquants dans l’histoire de la ville. Nous commençons cette série avec la crosse, sport emblématique des premiers habitants du territoire. Premier de dix articles.

En 1867, une délégation de sportifs de Montréal vogue sur les flots de l’océan Atlantique en direction des îles britanniques. Ces hommes s’en vont présenter des matchs de crosse devant la reine Victoria. À Londres, on s’apprête à adopter l’Acte de l’Amérique du Nord britannique, une loi qui donne un souffle de vie juridique à cette colonie qu’est le Dominion du Canada.

Réunis au sein de la National Lacrosse Association of Canada, ces sportifs anglo-saxons s’approprient un jeu autochtone au nom de leurs perspectives politiques et culturelles. La devise de l’association indique déjà assez leur dessein nationaliste : « Our Country Our Game ». Notre pays. Notre jeu.

Ces sportifs qui prennent ainsi la mer pour se rendre en Angleterre se font accompagner pour l’occasion de Mohawks de Kahnawake, les vrais héritiers de ce jeu.

Chez les Amérindiens, ce jeu très ancien est connu sous différents noms, tewa’araton en mohawk ou baaga’adowe en ojibwé. Les joueurs de crosse se servent d’un bâton recourbé, semblable à celui des bergers, auquel on suspend un filet à l’une des extrémités. Le but du jeu : mettre une balle dans le but adverse.

Le mot crosse apparaît pour la première fois en Europe en 1534 pour décrire un jeu dans le célèbre Gargantua, de Rabelais. Quand le missionnaire jésuite Jean de Brébeuf évoque à son tour la crosse au Nouveau Monde, parle-t-il de la même activité ? Nul ne sait.

Patriotisme

En 1834, une équipe de crosse de Kahnawake fait une démonstration du jeu dans le Montréal colonial. L’intérêt pour cette activité va vite s’accroître dans la population. L’élite anglo-saxonne se tourne vers ce sport avec enthousiasme. Dès 1842, le Montreal Olympic Club propose des parties de crosse contre des autochtones.

Un Montréalais très actif, le dentiste William George Beers, va s’employer à codifier le jeu en lui imposant les règles de fair-play britannique. En 1856, Beers fonde le Montreal Lacrosse Club.

Il publie un livre sur le sujet, illustré par le photographe William Notman, tout comme lui désireux de forger un nouveau sentiment national à l’aide de symboles forts, comme le sport.

Beers estime que la crosse possède les qualités recherchées dans la formation de nouveaux citoyens. Il trouve que ce jeu constitue un exercice viril, dont la pratique développe le courage et la confiance en soi. Le poids politique qu’il fait porter au développement de ce jeu est en vérité énorme. Beers va notamment écrire ceci : « Si la république de Grèce fut redevable aux Jeux olympiques, si l’Angleterre avait des motifs de louer le jeu de cricket, le Canada peut, quant à lui, s’enorgueillir de la crosse. […] Elle a peut-être contribué plus que n’importe quoi à instiller le sentiment de patriotisme chez les jeunes hommes du Canada. »

La croissance et l’implantation de ce jeu nécessitent tout d’abord une forte présence autochtone, ne serait-ce que pour frapper l’imagination de spectateurs qui s’émerveillent — comme ce sera le cas de ceux réunis au Château de Windsor devant la reine Victoria — d’un affrontement symbolique entre deux mondes.

Entre 1844 et 1866, des bourses sont offertes aux Iroquois et aux Algonquins qui pratiquent ce sport. Les joueurs autochtones se démarquent, semble-t-il, par leur agilité, leur vitesse et leur force. On va cependant voir à les écarter peu à peu de la pratique de ce jeu, qui leur est si simple. Ils vont se voir interdire d’intégrer des équipes régulières sous prétexte que ce sont des « professionnels ».

En 1867, J. B. L. Flynn fonde le Shamrock Lacrosse Club de Montréal. Le club de crosse décidera bien plus tard de créer une équipe de hockey sur glace. Mais la crosse occupe largement les préoccupations. En septembre 1893, les Capitals d’Ottawa affrontent alors les Shamrocks de Montréal pour le championnat canadien. Des convois de trains conduisent des milliers de spectateurs à Montréal. Les places sont payantes. L’année précédente, les deux mêmes équipes s’étaient aussi retrouvées en finale. Elles avaient alors à se partager des revenus de 4638 $.

Après une nouvelle tournée de promotion en Angleterre en 1876, le jeu a définitivement conquis les coeurs. Beers va recommander chaudement que ce sport soit désormais pratiqué par les enfants, dans toutes les écoles. La crosse féminine naît dans les années 1890. Le sport trouve de plus en plus d’adeptes, au Canada comme à l’étranger.

Arrachée à la culture autochtone pour en faire un étendard nationaliste canadien, la crosse deviendra vite un sport extrêmement populaire, tel que l’espérait Beers. Dans les années 1930, on commence à jouer à la crosse en enclos — 6 joueurs par équipe — contre 12 joueurs par équipe pour la crosse en champ. Cette dernière version du jeu a été au programme des Jeux olympiques d’été de 1904 à Saint-Louis et de 1908 à Londres.

Exclusion

Au Canada, Algonquins et Iroquois sont officiellement exclus de la pratique commune de ce sport à compter de 1880. Ils sont pourtant sollicités pour participer à une nouvelle tournée de promotion en Angleterre en 1883, puisque l’attraction des foules en Grande-Bretagne tient en bonne partie à la présence d’une équipe autochtone.

À Inverness, en Écosse, le révérend D. V. Lucas présente le sport aux curieux et se félicite de voir que les autochtones se convertissent massivement au christianisme. Il souligne en outre que le gouvernement canadien a bien en main leur situation puisque le Dominion a créé une cinquantaine d’écoles vouées exclusivement aux enfants autochtones. On connaît depuis l’effet désastreux de ces pensionnats sur la culture autochtone. La volonté de les assimiler au nom du progrès apparaît totale. Des gravures anglaises de l’époque montrent ces autochtones sous les traits marqués de noirs. Le racisme s’affiche sans gêne.

La crosse codifiée par le Dr Beers fut longtemps pratiquée de façon passionnée au pays des érables. Joseph Cattarinich (1881-1938), copropriétaire du Canadien de Montréal dans les années 1930 ainsi que de nombreux hippodromes, sera un joueur de crosse redoutable. Plusieurs joueurs de hockey de cette période gagnent d’ailleurs plus d’argent à jouer à la crosse en été qu’au hockey sur glace en hiver.

Montréal va compter des superstars de la crosse. Jean-Baptiste « Jack » Laviolette, premier capitaine du Canadien de Montréal, est d’abord un joueur de crosse surdoué. Dans les années 1930, Bernard « Coco » Blanchard est aussi une idole populaire associée à la crosse. Élevé chez les Jésuites, où l’on s’intéresse à la crosse depuis les origines de la colonie, il est passionné par ce sport. Le martyr jésuite Jean de Brébeuf aurait été le premier à évoquer ce jeu autochtone qui a pour fonction de réguler les conflits entre les différents clans et de permettre d’entretenir physiquement les joueurs.

Sait-on qu’une loi adoptée le 12 mai 1994 par le parlement canadien à Ottawa fait officiellement de la crosse — avec le hockey — un des deux sports nationaux officiels du Canada ?


135127
BRING BACK KAEP IN DA NFL !

Image

Avatar du membre
ViKinG_42
Hall of fame
Hall of fame
Messages : 8110
Enregistré le : dim. août 07, 2011 4:59
Equipe préférée : 49ers, Raiders, Alouettes, Vert & Or
Localisation : Tiohtià:ke, territoire Kanien'kehá:ka non-cédé (Montréal)
Contact :

Re: Jean Dion - Le Devoir

Messagepar ViKinG_42 » dim. févr. 05, 2017 18:09

Montréal, c’est du sport (2/10)
Le hockey des Montréalaises
L’histoire du sport national est liée à celle de la ville
28 décembre 2016 |Jean Dion

Image
L’équipe de hockey du Royal Victoria College, campus McGill, en 1923
Photo: Musée McCord L’équipe de hockey du Royal Victoria College, campus McGill, en 1923

À l’occasion du 375e anniversaire de la métropole, cette grande série explore les enjeux politiques, culturels, sociaux et économiques autour de différents sports marquants dans l’histoire de la ville. Deuxième de dix articles.

L’histoire de Montréal regorge de dates mémorables liées au hockey, à tel point que leur seule énumération pourrait occuper un journal au complet. Retenons-en donc deux qui ont marqué des tournants essentiels dont on ressent encore les effets de nos jours.

3 mars 1875. James Creighton a fait bien des choses dans sa longue vie — avocat, ingénieur, journaliste —, mais ce qui lui vaut de passer à la postérité, c’est d’organiser le tout premier match de hockey dans une enceinte couverte connu. Certes, le sport existe déjà à ce moment sous une forme ou une autre — après tout, Creighton se fait livrer des bâtons depuis sa Nouvelle-Écosse natale —, mais cette fois-là, on le codifie. Neuf joueurs par équipe, une rondelle de bois au lieu d’une balle de crosse, deux poteaux à chaque extrémité pour faire office de buts, 60 minutes de jeu.

L’événement a lieu au Victoria Skating Rink, une salle multifonctionnelle inaugurée en 1862 tout juste au nord de ce qui est aujourd’hui le boulevard René-Lévesque, entre les rues Drummond et Stanley. Particularité : la surface glacée sur laquelle le groupe mené par Creighton affronte des étudiants de l’Université McGill fait 204 pieds de long sur 80 de large, soit à peu près la taille de toutes les patinoires réglementaires en Amérique du Nord aujourd’hui (200 x 85).

26 novembre 1917. Des propriétaires d’équipes de l’Association nationale de hockey (ANH), un circuit qui traverse une crise interne, sont réunis à l’hôtel Windsor, sur la rue Peel. Ils ont déjà tenu plusieurs rencontres sans pouvoir en arriver à une décision définitive, mais cette fois-là est la bonne : ils annoncent la création de la Ligue nationale de hockey, qui comptera quatre clubs et amorcera ses activités en décembre de la même année. La LNH ne tardera pas à frôler la mort à quelques reprises, mais elle survivra contre vents et marées pour devenir le géant qu’elle continue d’être au XXIe siècle.

Deux moments fondateurs, entre lesquels une plage de 40 ans voit un sport se développer, se définir, se structurer. Un sport qui finira aussi, à une époque où cela n’est pas nécessairement bien vu de tous, par s’ouvrir aux femmes.

En jupe longue

Le match du 3 mars 1875 ne mettait évidemment aux prises que des hommes. Mais, note Lynda Baril, auteure en 2013 de Nos Glorieuses. Plus de cent ans de hockey féminin au Québec, plusieurs femmes ne manquent pas de remarquer et de s’enticher de cette discipline tout en rapidité et en finesse lorsqu’on en extirpe la brutalité. « Mais il faudra attendre une quinzaine d’années avant que ça commence à s’organiser, qu’on mette des équipes sur pied. »

Au début, des femmes sont épisodiquement invitées à participer à des matchs informels, au Victoria ou ailleurs. Il faut dire qu’on ne leur rend pas la tâche aisée : celles qui pratiquent le hockey doivent le faire, par exemple, en jupe longue. Bien des hommes réprouvent le principe même du sport féminin, à commencer par la puissante hiérarchie de l’Église catholique.

C’étaient des femmes courageuses. Elles devaient se ficher des objections qu’on pouvait soulever à l’égard de leur participation. Leur amour du hockey l’emportait sur tout.
Lynda Baril, auteure de «Nos Glorieuses»

En 1888, Frederick Arthur Stanley est nommé gouverneur général du Canada. Quelques mois après son arrivée au pays, il se rend au populaire carnaval d’hiver de Montréal, où il assiste notamment à un match de hockey, le premier de sa vie,« une partie enlevante qui oppose les Victorias et l’Association athlétique amateur de Montréal, deux des meilleures équipes masculines de la métropole», écrit Lynda Baril. Lui et sa fille Isobel, alors âgée de 12 ou 13 ans, tombent instantanément amoureux du sport. Tellement qu’à son retour à Rideau Hall, il veillera à faire aménager une grande patinoire sur les pelouses de la résidence. Et c’est là qu’aura lieu le tout premier match entièrement féminin connu, auquel participe Isobel, en mars 1889.

Et avant de reprendre le chemin de l’Angleterre en 1893, Lord Stanley verra bien sûr, sur la recommandation d’Isobel et de ses frères, à créer un trophée qui portera son nom et deviendra accessoirement l’un des plus convoités de tout le sport organisé.

Du temps et de l’argent

À son commencement et pendant plusieurs années, voire plusieurs décennies, le hockey féminin à Montréal sera essentiellement une affaire d’anglophones. Une question de moyens, évoque Lynda Baril, la bourgeoisie anglo de la ville ayant la possibilité de se doter d’installations et disposant de temps libre pour s’adonner à la pratique de sports. D’attitude, aussi : pour l’Église qui tient le peuple francophone dans le creux de sa sainte main, la tâche de la femme consiste à faire des enfants et à entretenir la maison, et certainement pas à disputer un sport où la combativité est de mise et la grâce laissée au vestiaire.

C’est donc tout naturellement au collège Royal Victoria de l’Université McGill qu’on verra, à partir de 1894, les premières équipes de hockey féminin se former à Montréal.

Le hockey féminin connaîtra ses premières heures de gloire à l’occasion de la Première Guerre mondiale. Les hommes partis au combat ou simplement enrôlés pour soutenir l’effort, les femmes prennent la place (même si, par exemple, l’ANH poursuit ses activités). Près d’une trentaine d’équipes existent dans l’île et leurs matchs sont très suivis, notamment la Ligue de hockey des dames de l’Est, qui présente ses rencontres au patinoir Jubilee — à l’époque, il n’était pas rare de voir le mot utilisé au masculin —, dans l’est de la ville. L’enthousiasme est tel que la police doit parfois intervenir.

« Il y avait l’effet de nouveauté, dit Lynda Baril à propos de cet engouement. Mais on rapporte aussi que les joueuses offraient un excellent spectacle. »

Bien entendu, le chemin à parcourir sera encore long. Aujourd’hui encore, même si les choses ont énormément évolué et qu’on applaudit les patineuses sur la scène olympique, les hockeyeuses n’ont pas la partie facile, qu’il s’agisse de financement, d’encadrement ou simplement de reconnaissance. Mais on ne doit jamais oublier les pionnières. « C’étaient des femmes courageuses, indique Lynda Baril. Elles devaient se ficher des objections qu’on pouvait soulever à l’égard de leur participation. Leur amour du hockey l’emportait sur tout. »


131170
BRING BACK KAEP IN DA NFL !

Image

Avatar du membre
ViKinG_42
Hall of fame
Hall of fame
Messages : 8110
Enregistré le : dim. août 07, 2011 4:59
Equipe préférée : 49ers, Raiders, Alouettes, Vert & Or
Localisation : Tiohtià:ke, territoire Kanien'kehá:ka non-cédé (Montréal)
Contact :

Re: Jean Dion - Le Devoir

Messagepar ViKinG_42 » mar. mars 07, 2017 20:20

J'ai un peu de retard, désolé

Avant la fin
7 février 2017 |Jean Dion | Football | Chroniques

Pendant que les Patriots de la Nouvelle-Angleterre étaient occupés à se faire sérieusement ramasser dimanche soir, on pouvait déjà imaginer les gags qui ne tarderaient pas à surgir. Avant même la fin du match, Donald Trump, un ami de Bill Belichick et Tom Brady, signerait un décret prononçant l’abolition des Falcons d’Atlanta (qui soit dit en passant, comptent sur un receveur de passes musulman en Mohamed Sanu). Il ferait ériger d’urgence un mur à la ligne des buts des Patriots. Et le lendemain, il évoquerait des « faits alternatifs » pour expliquer que, malgré tout ce qu’on avait vu et entendu, la Nouvelle-Angleterre avait au fond gagné. Fin de l’histoire.

Sur les lignes de côté, Belichick fulminait. Brady, lui, baissait les yeux et hochait la tête, ne semblant visiblement pas comprendre un dénouement si inhabituel pour lui et son club. C’était 28-3 Atlanta vers le milieu du troisième quart. Tout fonctionnait d’un côté et rien de l’autre. Les Falcons carburaient à l’attaque, provoquaient des revirements aux moments opportuns et embouteillaient Brady dans sa poche qui n’avait pas grand-chose de protecteur. La fringante jeunesse allait finalement avoir raison de toute l’expérience de ce monde, parce qu’il faut bien se résoudre à passer le flambeau à un moment donné.

Puis, ce fut le rope-a-dope. Le gars qui se blottit dans les câbles, se laisse couvrir de coups qui ne le malmènent qu’en apparence, laisse l’adversaire s’épuiser puis fond sur lui comme la proverbiale misère sur les plus démunis de notre société sans espoir de rémission. Ou alors, comme à la lutte arrangée, le gars qui subit la raclée pour mettre fin à toutes les raclées ne peut rien faire d’autre que gésir à moitié mort au milieu du ring (ou à côté, victime d’une chaise/table/accessoire illicite jusque-là savamment camouflé), lorsque tout à coup il se met à péter le feu de l’enfer et à terrasser sans merci la concurrence jusqu’à ce qu’elle dise « chute », « pardon mononcle » ou « tu m’as eu, mon sale ».

C’est que la jeunesse peut rapidement se retrouver décontenancée et se mettre à courir partout dans le seul but de se sentir exister, alors que l’expérience sait depuis longtemps qu’il ne sert à rien de s’énerver, cela a pour seul effet d’augmenter la vente de médicaments et d’engorger notre système de santé. Ç’a donné ce que ç’a donné. Une remontée méthodique par une machine plus huilée qu’un culturiste en démonstration qui se disait qu’il peut arriver à tout le monde d’avoir un petit passage à vide mais que ce n’est pas une raison pour se recroqueviller en position foetale et déplorer la cruauté de cette chienne de vie.

Cela dit, combien de téléspectateurs ont fermé leur appareil à 28-3 pour aller s’adonner au tricot abstrait ou à quelque autre activité de ressourcement ? On ne peut guère les en blâmer, même si cela prouve qu’ils sont gens de peu de foi. Hé, même des journalistes professionnels patentés peuvent commettre le péché d’anticipation, comme le montre la une de la première édition du Boston Globe de lundi distribuée en Floride : « A Bitter End », lit-on dans une manchette surplombant une grande photo où l’on voit Brady écroulé au sol alors que Robert Alford, qui vient de l’intercepter, file fin seul vers la zone des buts.

Car il ne faut jamais, jamais abandonner un match en cours de quelque nature que ce soit, du moins si on ne veut pas rater l’Histoire qui se fait. Même quand l’ordinateur d’ESPN calcule que les Falcons ont, à un certain moment, 99,7 % des chances de l’emporter. Ce 0,3 % manquant, messieurs dames, est l’essence même de la vie. Il est d’ailleurs profondément bizarre de constater qu’une foule de gens considèrent que, rendu là, c’est bel et bien fini, alors qu’ils continuent d’acheter des billets de loterie.

On aurait d’ailleurs dû voir venir. Car toute étant dans toute, l’issue était écrite dans le grand livre de la fausse connaissance, un concept qui a la cote ces temps-ci. Nous le soulignions ici même il y a quelques jours : huit fois auparavant les Pats s’étaient rendus au Super Bowl. Quatre fois, ils affrontaient une équipe avec un logo évoquant un animal (Rams, Panthers, Eagles et Seahawks), et ils avaient chaque fois gagné. Quatre fois, il s’agissait d’une ou deux lettres (Bears, Packers, Giants à deux reprises), et ils avaient perdu. Comme les Falcons arborent un faucon esquissant la lettre F, il était tout à fait normal que le match soit nul.

Il faut simplement croire qu’en fin de compte, le faucon est la vraie affaire et le F une simple construction allégorique issue d’un artiste enfiévré qui n’a fait que retarder la chute. Tout était bien qui devait finir mal.


135434
BRING BACK KAEP IN DA NFL !

Image


Retourner vers « Medias - TV - Radio - Streaming - Photos - Montages... »

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 1 invité