Hate machine ! Le guide du Super Bowl LIV pour les supporters perdus

Le fun des Chiefs ou la bogossitude de Jimmy Garoppolo ? À vous de choisir.

L’heure est grave en NFL. Pour la première fois depuis 2016, Les Patriots ne seront pas au Super Bowl. Des millions de supporters et encore plus de haters errent sans but dans les rues et sur les interwebs, à la recherche d’une équipe à supporter ou à détester.

Pas de panique, il y a de quoi faire lors du Super Bowl LIV, même avec une belle affiche et deux équipes qui représentent le renouveau. Qui supporter le 2 février prochain ? À vous de choisir vos critères. Arguments à prendre au premier degré ou à celui de votre vodka.

Potentiel de lose : avantage San Francisco

Un loser qui affronte un loser, cela va donner un winner. Mais il ne faut pas oublier qu’Andy Reid et Kyle Shanahan restent pour le moment plus habitués au club de la lose qu’à celui des vainqueurs.

Reid a multiplié les échecs dans les grands matchs, et sa gestion galère du chrono ou du jeu au sol a fini par devenir un running gag. Sur sept finales de conférence, il n’en a remporté que deux. Son seul Super Bowl s’est terminé par une défaite contre les Patriots.

Mais Shanahan n’a pas grand chose à lui envier. Il compte moins d’échecs, mais le sien est légendaire. Un monument de lose. C’est lui qui était à la tête de l’attaque des Falcons lorsqu’Atlanta a perdu un Super Bowl en menant 28-3 au début du dernier quart… contre les Patriots. Si vous aimez supporter les losers (et ceux qui perdent contre les Patriots), ce Super Bowl est fait pour vous.

Style de jeu : avantage Kansas City

Les Chiefs seront l’équipe de ceux qui aiment l’attaque. MVP de la saison 2018-19, Patrick Mahomes est la nouvelle star de la ligue. Incroyablement fun à voir jouer, capable de régaler avec des passes aveugles, il dispose d’une armée de cibles pour développer un jeu aérien qui peut ouvrir le terrain, et le match, à chaque instant. Les Golden State Warriors de la grande époque en version NFL. Du fun à l’état pur.

À San Francisco, on joue physique. Si vous aimez le jeu au sol et la défense, c’est pour vous. Avantage : en cas de victoire, vous pourrez dire que vous êtes « un vrai » ou « un puriste« , pas comme ces flambeurs de Kansas City.

Mais on va arrêter de se mentir, les Chiefs sont bien plus excitants.

Style (tout court) : avantage San Francisco

Si vous regardez Andy Reid, vous tombez forcément amoureux de sa moustache. Mais si on vous raconte en plus qu’il est du genre à commander trois steaks lors un repas faisant office d’entretien d’embauche, vous ne pourrez plus lui résister. En plus, on a le droit de se moquer, puisqu’il a lui-même plaisanté en conférence de presse du fait qu’il devait faire un petit régime pour rentrer dans ses fringues avant d’aller Miami. Car il y a aussi les chemises. Oh, les chemises.

Oubliez les steaks et le surpoids pour les Niners. Kyle Shanahan n’a que 40 ans et il pourrait sûrement courir un marathon le lendemain du match si ça le chante. En cas de besoin, il pourra compter sur Jimmy Garoppolo qui, comme lui, a la particularité d’être très beau. Du genre, encore plus beau. Des rumeurs très officieuses disent même que c’est par jalousie du swag de sa doublure que Tom Brady aurait exigé l’exil. San Francisco est une équipe créée pour les instagrameurs.

Franchement, qui pourrait résister à ce sourire ? Même Brady semble laid sur cette photo.

Trashtalk : avantage San Francisco

Richard Sherman est un des joueurs les plus intelligents de sa génération, sur le terrain et en-dehors. S’il est souvent lucide et réfléchi dans ses prises de position en faveur des joueurs, quand il s’agit de football, il ne répond plus de rien. Il a signé une entrée fracassante dans le monde médiatique lors de la finale NFC 2013. À l’époque, il évolue à Seattle, et les 49ers font partie de ses victimes favorites. Après avoir empêché Michael Crabtree d’arracher le match, il se lâche.

Depuis, Sherman alterne les sorties posées et les piques, notamment sur Twitter. Il est l’atout trashtalk de son équipe.

Du côté des Chiefs, on essaye, mais le trashtalk tourne à l’humour involontaire. Frank Clark a récemment assuré que a défense est la meilleure du monde, alors même qu’ils ne seront pas la meilleure défense dans ce match. Attention tout de même, cela avait fonctionné puisqu’il avait assuré que Derrick Henry n’était « pas si difficile à plaquer. » Du panache, de la volonté, mais il y a encore un peu de marche avant de rejoindre Sherman.

Potentiel belle histoire : avantage Kansas City

Question de goût. Les 49ers peuvent accrocher un sixième Super Bowl, pour revenir à égalité avec les Patriots et Steelers en tête du classement NFL.

Les Chiefs n’ont gagné qu’un seul Super Bowl, en 1970.

À vous de choisir si vous préférez être du côté des légendes ou de l’équipe qui veut revenir après 50 ans d’absence.

Décence humaine : avantage San Francisco

Si vous aimez supporter des êtres humains décents, Kansas City n’est peut-être pas la bonne option. Accusé d’avoir frappé son fils de 3 ans, Tyreek Hill a très sérieusement expliqué qu’il voulait simplement lui apprendre à boxer. Mais comme il court vite et qu’il a des bonnes mains, les supporters locaux n’ont eu aucun mal à applaudir son retour à l’entraînement. La classe.

San Francisco semble avoir gagné le match de la décence en coupant Reuben Foster dès qu’il a été accusé de violences domestiques. Le karma les a récompensés en les portant au Super Bowl tout en laissant Foster s’exploser le genou à Washington, sous la supervision des médecins les plus dangereux de la ligue.

Supporters : avantage Kansas City

Moins on gagne, plus on est sympa. Ou quelque chose du genre. Penser que les supporters des Patriots sont les seuls à pouvoir s’énerver sur les réseaux sociaux ou les sections commentaires serait une grave erreur. Si vous choisissez de rejoindre les rangs des Niners, sachez que vous vous engagez aux côtés de certains des plus coriaces supporters de la ligue. Vous serez alors tenus de considérer chaque critique ou analyse défavorable de la franchise comme une insulte personnelle, à laquelle il faudra répondre sur un ton passif-agressif mettant en avant le fait que vous supportez la franchise depuis plus de 20 ans, et que vous connaissez mieux le jeu que personne parce que vous regardiez déjà des matchs sur Canal + en 1989.

Les supporters des Chiefs sont beaucoup plus arrangeants, parce qu’ils sont simplement heureux d’être là. Cela pourrait changer dès le 2 février en cas de victoire. Pour l’instant, profitez de l’innocence de ceux qui n’ont soulevé trophée le Lombardi qu’une seule fois. Toucher le précieux a des effets dévastateurs.

Potentiel de nuisance extérieure : avantage San Francisco

Vous voulez que les Patriots et leurs supporters souffrent alors même qu’ils ne joueront pas ce match ? Supportez les 49ers. Difficile d’imaginer que tout ce petit monde prendrait du plaisir à voir l’ancien remplaçant de Tom Brady gagner un titre pendant que Brady est en train de penser à se faire la malle. Ils répondront qu’ils ont six bagues tout en sachant qu’ils souffrent quand même un peu à l’intérieur.

Une victoire des Chiefs aurait l’avantage de pousser les derniers superstitieux à arrêter de nous bassiner avec la supposée malédiction de Madden. Arrêtez d’être superstitieux, ça porte malheur.

Politique : égalité, probablement

Nick Bosa joue en Californie mais il est pro-Trump. De l’autre côté, 56,7% des électeurs du Missouri aussi. De toute façon, il sera réélu.

Et dire que Colin Kaepernick est le dernier quarterback à avoir mené les 49ers au Super Bowl.

Dernier recours : la méthode Patriots

Toujours pas décidés ? Simple. Faites comme ceux qui ont connu le bonheur de supporter les Patriots ces dernières années : regardez le match, attendez de voir qui gagne, et assurez tout le monde que vous les supportiez depuis le début.

Partagez cet article sur : Twitter Facebook
Afficher les commentaires